jeudi 6 mai 2010

L'affaire Karl Atride - Part VI

Atride sortit du bureau du Colonel suivit de près par le commissaire Grass. Le capitaine affichait un air sceptique et soucieux. Il fit quelque pas tout en respirant l’air. Il pouvait sentir l’approche Tyranides, les spores se faisaient de plus en plus présentes. Il se retourna et regarda Grass droit dans les yeux :

- Vous allez encore me suivre longtemps Commissaire ? demanda Atride.

- Vous avez entendu les ordres du Colonel, il ne veut plus vous laisser seul pour le moment. Et je me suis porté volontaire pour être votre officier garant.

- Je n’ai pas besoin de baby-sitter.

- Je sais. Par contre comme on a pu le voir aujourd’hui vous avez parfois besoin d’un mec pour vous tirer le cul des ronces.

- Hum, grogna Atride, très bien, sur le champ de bataille on sera ensemble et j’espère que vous ne trainerez pas derrière moi. Mais pour le moment, j’ai besoin d’un moment pour aller briefer mes hommes et pour ça je n’ai pas besoin de vous.

- Je dois vous suivre partout Capitaine, vous le savez bien.

- Bordel, vous êtes plus collant qu’un mange-face au régime.

- Un quoi ?

- Une saloperie de chez moi qui se planque pour s’accrocher à sa proie avant de la dissoudre pour la manger. Impossible à décrocher sans faire venir une livre de chair de la proie au moins.

- Charmant. La faune nécromundienne a l’air charmant.

Un homme à la carrure imposante portant l’uniforme caractéristique du 8ème Necromunda vint à la rencontre du capitaine et du commissaire.

- Chef, les hommes sont prêts on attend plus que vous.

- Merci Blane, on arrive.

- On ?

- Oui le Commissaire va rester avec nous.

- Mais je croyais que …

- Pas de discussion Adjudant, il n’est pas là pour vous juste pour moi.

Les trois hommes partirent en direction du campement des commandos d’Atride. Grass n’avait jamais assisté au briefing d’Atride à ses commandos et personne d’autres dans le régiment non plus à l’exception probable du colonel. C’était encore un privilège accordé par le colonel aux mystérieux Van Saar.

L’organisation du bataillon RSL était certainement la plus complexe de tout le régiment. En grande partie composé du 8ème régiment d’artillerie de Necromunda, il était devenu le fourre-tout du régiment.

A l’origine le 8ème régiment d’artillerie avait une organisation assez classique comportant deux bataillons d’artillerie et d’un bataillon d’infanterie motorisée. Le bataillon d’infanterie motorisée comportait trois compagnies, une compagnie de reconnaissance composée de sentinelle, une compagnie d’infanterie motorisée et une compagnie du génie.

Grass connaissait assez bien l’organisation d’origine du 8ème puisque c’était son régiment d’affectation d’origine. En tant que commissaire il avait en charge l’un des deux bataillons d’artilleries composés en grande partie de braves gardes bien content de n’être jamais en première ligne. Cependant il avait beaucoup entendu parler de la compagnie du génie et son célèbre commandant le capitaine Atride. Les cent cinquante hommes de cette compagnie était tous issu des milieux les plus dur des ruches et tous issus de la maison Van Saar. C’étaient de véritables franc tireurs complètement à l’écart de la structure hiérarchique usuel et sous la surveillance permanente de trois commissaires spécialement entrainés.

Suite aux événements de Bittorea et surtout aux lourdes pertes, le régiment fusionna et fut réorganisé en un bataillon de Reconnaissance, Support et Logistique. Toutes les pièces d’artillerie furent regroupés en une compagnie, tous le support logistique du régiment complet dans une autre compagnie et finalement on regroupa dans une compagnie dites de Reconnaissance les snipers, les sentinelles, les éclaireurs, les services spéciaux et les commandos d’Atride. Et l’on confia le commandement du bataillon à Atride.

Cette fois-ci, Grass eut la responsabilité de tout le bataillon à l’exception des quarante survivant Van Saar et d’Atride qui ne répondait qu’à Applewood. Ce qui passa dans les premiers temps pour du favoritisme se révéla finalement peu enviable vu la complexité et la dangerosité des missions qui étaient confiées aux commandos.

Parallèlement Atride devint une icône du régiment aux côté du Colonel Applewood, du Lieutenant Colonel Rokwood, du Major Burns, du Commissaire Senior Scipio et du Premier Lieutenant Griffith. Ses actions durant le siège de Gemaur entrèrent dans la légende du régiment.

Les trois hommes finirent par arriver devant le campement, l’adjudant Blane marqua une pause et dévisagea le commissaire l’air visiblement embêté. Atride se tourna vers le jeune Commissaire et le regarda d’un air sévère :

- Commissaire, il est fort probable que vous puissiez assister dans ses murs à des actes en infractions avec le code militaire. Je me permets de vous rappeler que vous êtes ici uniquement pour moi. Si jamais une seule sanction devrait prise contre l’un de mes hommes à cause de vous, il me faudrait bien plus que toute une ruche Tyranide pour vous montrer comment on s’occupe des balances dans le sous-monde.

Atride ne laissa pas le temps à Grass de répondre et se tourna pour ouvrir la porte. Une bouffée d’air chaud chargé d’odeur de sueur, d’huile pour moteur et de prométhium frappa le visage du commissaire. A l’intérieur du hangar préfabriqué, la quarantaine de Van Saar s’activait avec énergie autour de tout un bric à brac de matériel que Grass avait bien du mal à identifier. Cette quantité incroyable de matériel acquis par des méthodes certainement pas orthodoxe était composée d’un mélange d’armes en pièces détachées, de machine-outil de fabrication artisanale, de matériaux de récupération divers et Grass crut même reconnaître le châssis d’une chimère désossé.

La forte voix de l’adjudant Blane tonna et résonna dans le hangar :

- Rassemblement les gars ! Plus vite que ça ! Le chef veut vous parler.

Les hommes quittèrent promptement leur poste de travail et leurs outils avant de venir faire un demi-cercle autour de leur officier supérieur. Aucun ne salua ni ne se mit au garde à vous. La plupart n’avait pas d’uniforme réglementaire et quasiment tous arborait sur eux des objets de contrebande illicite. Atride regardait ses hommes avec un sourire comme un père observe ses enfants après un long moment d’absence :

- Mes amis, dans quelques heures nous allons retrouver les combats. Et si tous se passe bien dans quelques jours nous serons de retour dans la soute d’un vaisseau de transport. Comme vu avec chacun d’entre vous avant mon petit contretemps, notre mission principale sera de nous faufiler dans les tunnels et de s’assurer que les punaises ne rentrent pas par la porte de derrière. J’ai la confirmation de la part du Colonel que nous avons toutes latitudes pour l’utilisation de notre matériel. Il y a cependant deux petits changement par rapport à hier. Nous n’avons pas put tester en grandeur réel l’installation d’hier donc si on reste sur notre estimation notre brouilleur va empêcher les punaises de passer dans les tunnels à peu près la moitié du temps dans un rayon de cent cinquante mètres. C’est moins que ce que nous visions, il y aura donc plus de punaises et elles seront repoussées moins loin. Alors soyez sur vos gardes, ce n’est pas une promenade de santé alors n’hésitez pas. Si l’un d’entre vous revient avec plus de la moitié de ses munitions, il est bon pour s’occuper des latrines du premier bataillon d’infanterie.

Les hommes du Capitaine rirent à cette dernière mention sans que Grass ne comprenne pourquoi.

- Et le dernier point, le plus important, je ne serais pas avec vous durant la bataille. Le Colonel dans sa grande bonté m’a réassigné pour la bataille sur une autre mission auprès des rampants de Rokwood. A partir de maintenant pour toutes questions relatives à votre mission, je nomme l’Adjudant Blane pour ma suppléance. Des questions ?

- Ouais Capt’aine demanda un homme en débardeur sale une cig au coin de la bouche. Si le plan du vieux y foire on fait quoi ? Parce que si vous êtes au milieu de ce bordel, on va pas faire sauter les charges.

- Mon implications dans l’opération en surface ne change en rien vos directives quand au plan de secours. Et puis ne t’inquiète pas Feud, je compte bien être là au prochain tournoi pour te botter le cul.

- Ca c’est se que vous croyait chef !

Les rires fusèrent à nouveau à travers la pièce.

- Messieurs, encore une fois c’est dans l’ombre que nous allons agir. Mais l’Empereur veille sur nous et le Colonel aussi. Pour les Van Saar et le NLGB, à la victoire !

Les hommes poussèrent un cri de guerre à l’unisson avant de s’atteler à leur préparatif. Atride observa ses hommes s’activer avec le sourire. Blane houspillait les hommes avec véhémence pour que ceux-ci se dépasse.

Le capitaine se dirigea vers un coin du hangar qui semblait lui être réservé. Grass suivit l’officier et l’observa en train de prendre ses armes, un pistolet à plasma et une épée tronçonneuse lourdement modifiée. Atride enleva ensuite son uniforme d’état major pour passer sa tenue de combat. C’était une combinaison de combat Van Saar adapté à la survie en milieu hostile combiné avec des plaques de protection pare balle.

- Commissaire, vous savez ce qui nous attend et quelle est notre mission. Je sais que ce n’est pas votre spécialité et c’est courageux de votre part d’assumer ce rôle. Nous avons une petite chance de nous en sortir mais pour ça il faudra me faire confiance et être prêt à me suivre, même en enfer.

vendredi 23 avril 2010

L'affaire Karl Atride - Part V

Applewood se reposait dans son bureau en compulsant les derniers rapports tactiques de son régiment. Il se massa un peu les tempes et prit une bouffée de cigalho. Les deux prochains jours allaient marquer le tournant de la campagne et il y avait encore beaucoup à faire.

Il se repassa encore une fois le message reçu de la part du Mechanicus suite au procès. Ils allaient assurer les opérations de maintenance de base et se retirer en orbite pour éviter les conflits. Applewood ne pouvait leur reprocher de faire ça mais il aurait souhaité un soutien présent durant toute la dernière phase.

Le colonel regarda la carte stratégique qu’il avait déroulée devant lui. Les troupes de reconnaissance du bataillon RSL avait fait du bon travail et la seule issue pour sortir de cette vallée était de passer par le camp retranchée du 133ème. Trois autres régiments tenaient les autres issus après avoir pris soin de se retrancher. Les Tyranides avaient testé leur défense depuis bientôt deux mois. Et ils semblaient qu’ils avaient finalement compris que leur seule chance de s’en sortir était de passer par le 133ème et ses défenses soit disant moins solides.

Il y a trois mois quand les quatre régiments avaient débarqué pour l’opération « Ménage de Printemps », ils avaient tentés une attaque en force. Quatre régiments, quatre vecteurs d’attaque pour arriver jusqu’à la carcasse du vaisseau ruche et le détruire puis faire le ménage dans la vallée où les Tyranides s’étaient installés. Applewood s’étaient élevés contre cette opération. L’Imperium n’avait pas assez d’information sur les Tyranides surtout quand il s’agit de les attaquer. Mais le seigneur-général avait insisté, « Ménage de Printemps » serait la preuve qu’on pouvait reprendre une planète aux mains des Tyranides.

Le premier assaut fut un désastre, le cœur de la vallée était remplit de végétaux Xenos agressifs et toxiques. Les Tyranides étaient cachés dans les galeries et jaillissaient de partout avant de disparaitre. Applewood avait géré la retraite et le retranchement des régiments. Puis pendant un mois il avait mené une guerre d’usure dans les galeries pour forcer les Tyranides à sortir à la surface.

Deux mois auparavant les Tyranides lancèrent leur premier assaut massif sur les positions de la Garde. Rapidement ils se retirèrent et essayèrent à un autre endroit. Les experts arrivèrent rapidement à la conclusion que les Xenos testaient les défenses impériales en vue d’un assaut décisif. C’est là qu’Applewood présenta son plan pour débloquer la situation. Les colonels des autres régiments acceptèrent le plan et se mirent sous les ordres d’Applewood.

Applewood regarda sa montre et se leva, il avait convoqué tout l’état major du régiment dans le stratégium pour un dernier briefing avant le début de l’opération. Il sortit de son bureau avec un dernier regard sur son armure de campagne exposée dans un coin du bureau qu’il allait bientôt retrouver.

Le Colonel pénétra d’un pas confiant dans le strategium, il salua tour à tour tous ses officiers avant de s’installer devant le pupitre de commande de l’holocarte.qui affichait une représentation de la vallée tandis que son ordonnance posait une pile de tablette de données à côté du pupitre. Le capitaine Atride se trouvait parmi eux vêtu de son uniforme et des ses galons.. Applewood nota des marques de coups sur son visage ainsi que sur celui du Major Burns.

- Messieurs, commença Applewood, les Tyranides seront bientôt à notre porte dans l’espoir de l’ouvrir et de se déverser sur le reste de la planète. Les hommes des autres régiments ainsi que nos éclaireurs ont piégé et dégagé tous les points d’accès périphériques de la vallée. A l’aide de défoliants, ils ont supprimé toute forme de végétation sur un kilomètre sur toute la périphérie de la vallée. Ils ont aussi piégés les cols et les sommets ainsi que la plupart des galeries. Ils ont fait ça partie sauf à un endroit.

Applewood fit une pause et montra un bras de végétation laissé intact qui arrivait presque aux portes de leur ligne de défense.

- C’est le seul endroit où les Tyranides ont suffisamment de couvert pour s’approcher de nous. Partout ailleurs n’importe quel conscrit de la garde avec un lance-pierre aurait un magnifique champ de tir pour les arrêter. C’est la porte de sortie qu’on leur laisse entrouverte et nous allons devoir les retenir le temps de fermer la boite.

Applewood indiqua trois positions distinctes correspondant à trois bataillons d’artillerie composé principalement de Basilisk. Un seul d’entre eux était issu du 133ème, les deux autres avaient été assemblés à partir des pièces d’artillerie des autres régiments, et tous étaient sous les ordres du Capitaine Shan. Celle-ci prit la parole après un signe de tête du Colonel.

- Une fois les Tyranides sur nos lignes de défenses, nous commencerons un bombardement massif suivant trois vecteurs. Deux perpendiculaires à nos lignes et l’un parallèle.

Shan fit apparaître les trois lignes sur la carte.

- Nous allons former un U sur l’arrière des lignes ennemies pour leur couper toutes formes de retraites possibles. Une fois la boite mise en place les blindés du Colonel Rokwood se mettront en place sur le front pendant que l’infanterie se retirera. Le Colonel Rokwood ouvrira alors le feu pour établir une nouvelle parallèle fermant ainsi la boite. A ce stade, nous ferons converger les quatre lignes vers le centre et nous détruirons tous ce qu’il se trouve à l’intérieur.

Shan fit bouger les lignes pour démontrer son point avec un léger sourire.

- Merci Capitaine, intervint Applewood. Ceci est notre marteau tandis que notre infanterie sera l’enclume contre laquelle viendront s’écraser les Xenos. L’infanterie de Burns devra tenir le choc avec le soutien minimal de l’artillerie et des blindés Et quand l’ordre sera donné nous devrons nous replier avant que la zone devienne un enfer. Le timing va être très serré et nous n’aurons pas de seconde chance. Si nous lâchons trop tôt un certains nombre de Tyranides aura le temps de quitter la vallée. Si nous tenons trop nous perdrons des hommes durant le bombardement. Le signal de la retraite nous sera donné par la compagnie d’infanterie motorisée du Colonel Rokwood. Le Colonel Rokwwod étant à la tête des blindés, j’ai décidé exceptionnellement de mettre le Capitaine Atride à la tête de cette compagnie.

Applewood observait Atride à cet instant et lu de la surprise et de la désapprobation dans son regard acéré.

- Dès que le Capitaine Atride et ses hommes auront rejoint nos lignes se sera le signal pour la retraite et la fermeture de la boite. Vu la complexité de l’opération et que vous êtes tous déjà assignés à une tache complexe, j’ai décidé de superviser la retraire depuis la première ligne.

Un murmure de stupeur se fit entendre dans l’assemblée des officiers.

- Je sais ce que vous allez me dire au sujet de mon âge et de ma santé, mais ma décision est prise et c’est un ordre. Vous trouverez dans ces tablettes toutes les données nécessaires à votre déploiement et au déroulement des opérations. Que l’Empereur nous garde. Rompez !

Les officiers se dispersèrent après avoir prit leur tablette de données respectives. Quand Atride passa à côté du Colonel celui-ci lui glissa à l’oreille :

- Débriefing dans mon bureau dans vingt minutes.

Dix minutes plus tard, Applewood était de retour dans son bureau en compagnie du Commissaire Grass et de son assistant du jour Prunacs. Le jeune conscrit observait le bureau du Colonel en détail, de tous les côtés on pouvait voir des souvenirs d’opérations précédentes ou datant de la première carrière du colonel. Prunacs avait envie d’appeler cet endroit un musée.

Grass était en train de faire son débriefing du procès et présentait au Colonel les notes de Prunacs sur le déroulement de l’affaire. Prunacs était fier et anxieux de voir son travail présenté au Colonel. Finalement le Colonel leva son regard vers le conscrit droit comme un piquet et sourit :

- C’est du bon travail, soldat Prunacs. Approchez. Le commissaire Grass m’a dit que vous souhaitiez me rencontrer.

- Oui mon colonel, bafouilla le jeune homme.

- Et pourtant nous nous connaissons déjà, répondit le Colonel un large sourire éclairant son visage marqué par le temps, vous ne vous en souvenez pas ?

- Et bien mon colonel, je vous ai vu durant certains briefings, des discours ou des cérémonies.

- Sur Bittorea, où habitiez-vous ?

- Dans le faubourg de Gemaur, mes parents tenaient un petit café avant que la guerre n’arrive.

- J’habitais à Gemaur aussi, le saviez vous.

- Bien sur mon colonel, la demeure du seigneur général Marcus Caius Applewood était l’une des fiertés de Gemaur.

- N’avez-vous pas le souvenir d’un vieil homme barbu venant presque tous les jours prendre un café et une pâtisserie en lisant les dernières nouvelles.

- Oui mon Colonel c’était le vieux Marco, il connaissait bien mon grand père. Ils avaient servi ensemble dans le 34ème LGB avant de devenir colon ici.

Applewood resta silencieux et fixa le jeune homme avec un léger sourire avant de dire d’une voix plus marqué par l’accent chantant de Bittorea.

- Petit, je prendrais comme d’habitude et passe le bonjour à ta mère.

Les yeux de Prunacs s’agrandirent comme des soucoupes.

- J’étais à la retraite à l’époque, continua Applewood, et je venais souvent dans le café de vos parents en hommage à mon vieil ami le lieutenant Colombus, votre grand père. Vous devez le savoir mais la colonisation de Bittorea a été faite en grande partie par les régiments qui étaient sous mes ordres durant mes années de services. Et Gemaur a été fondée par le 34ème Little Garden Bréginiens dont j’étais l’officier supérieur dans mes jeunes années. Votre aïeul était un ami proche, et quand les faubourgs ont été détruits j’ai été attristé d’apprendre la mort de vos parents et la destruction de votre commerce.

Prunacs restait silencieux et repensait à ce vieil homme un peu excentrique qui lui donnait des bonbons à la menthe.

- Je suppose que suite à l’évacuation comme beaucoup vous avez tout perdu ?

- En effet mon Colonel, réussit à dire Prunacs.

- Bien, je ne sais pas si vous le savez, mais Flavius votre grand père était un héros maintes fois récompensés. Pour sa mémoire permettez-moi de vous donner ceci.

Applewood se leva et alla chercher un petit coffret sur une commode. Il l’ouvrit et en sortit une médaille. Il s’approcha de Prunacs et lui tendit la médaille.

- Ceci est la croix de Macharius que j’ai reçu lors de la croisade Albijand sur le monde de Vendris IV. Votre grand père à reçu cette même croix quelques semaine plus tard durant l’assaut de la forteresse du Grand Ennemie sur Narbonni. En mémoire des héros de notre histoire je vous confie cette médaille.

Prunacs prit délicatement la médaille entre ses mains et salua le colonel une boule d’émotion coincée dans la gorge.

Applewood sourit au jeune homme avant de lui donner congé. Le capitaine Atride venait de signaler son arrivé.

jeudi 22 avril 2010

L'affaire Karl Atride - Part IV

Le commissaire Grass prit une profonde inspiration avant de se lever et d’affronter le jury. Il jeta un œil sur l’assistance et nota la mine déconfite des officiers du 133ème et les gesticulations joyeuses des méchadendrites des membres de l’Adeptus Mechanicus. Guirenaks avait fait du bon travail, l’enregistrement était une preuve irréfutable et pour l’ensemble du Mechanicus l’histoire était déjà entendue. Grass allait devoir être très fin pour réussir à les faire changer d’avis.

- Merci Adepte Guirenaks pour cet enregistrement. Je suis toujours impressionné par les moyens du Mechanicus, commença Grass en s’approchant du projecteur l’observant un moment avant de se tourner vers le jury. Seulement et c’est souvent le cas souvent avec les films, je ne vois pas tout a fait les mêmes choses que vous. Vous nous montrez un officier de la Garde Imperial surpris dans l’enceinte d’un générateur avec des organismes Xenos et qui ensuite abat froidement deux membres du culte de la machine. Présenté comme ça, c’est bien un crime qui mérite un châtiment exemplaire. Mais je vais vous dire ce que je vois, je vois cinq membres de la Garde Impériale surpris dans un lieu interdit qui restent calme malgré la pression subit par le ton autoritaire et pressé de l’adepte, des gardes qui obéissent aux instructions qu’on leur donne, qui préviennent du danger inhérent au contenu du coffre. De mon point de vue, rien qui mérite une peine capitale. On parle de meurtre, de trahison, d’hérésie et de sabotage pour tous ses points je dis non. Le Capitaine Atride reconnaît avoir pénétré un secteur interdit et avoir transporté des organismes Xenos dans un container sécurisé et adapté. Mais personne ne lui a demandé pourquoi ? et aussi personne ne s’est demandé pourquoi ces cinq hommes ont attendu avant d’attaquer les membres de l’Adeptus Mechanicus alors qu’ils auraient pu les neutraliser dès leur entrée dans la ssalle du générateur ?

Grass marqua une pause pour reprendre son souffle.

- Ce que je fais faire maintenant et d’essayer de répondre à ces question. Malheureusement le temps qui m’est accordé est fort bref, je vais donc me contenter d’un seul expert pour vous convaincre. Si la cours me le permet je souhaiterais inviter l’Adepte Guirenaks en tant qu’expert.

- Il n’est pas conventionnel ni vraiment autorisé de faire appel à l’accusateur comme expert, nota le Commandant Deschamps.

- Je le sais bien Commandant, mais j’ai confiance dans l’objectivité d’un membre du clergé de Mars et de plus comme nous sommes pressés par le temps en faisant appel à lui nous éviterons de perdre du temps dans un contre interrogatoire. Bien entendu si l’accusation refuse, je serais contraint de demander un ajournement du procès le temps de me permettre de préparer une défense convenable. Et je pense que ce serais vriament perdre du temps pour une affaire aussi simple.

- Qu’en pensez-vous Adepte Guirenaks ? interrogea le Commandant.

- Déclaration : Nous sommes d’accord, le commissaire à raison inutile de perdre du temps pour une histoire simple, répondit l’adepte après un bref échange binaire avec le magos Arkenschell.

- Merci, allez prendre place alors.

Guirenaks se leva et alla s’assoir à côté du jury, ses méchadendrites frétillantes de plaisir à l’idée de pouvoir rabattre le caquet du jeune commissaire. Grass s’approcha de l’adepte et le regarda droit dans ses oculaires couleurs saphir.

- Adepte, avant tout merci de votre assistance. Je sais que votre spécialité est la géologie. Pourriez-vous nous rappeler les conditions géologiques de la zone ?

- Déclaration : Termina VII, planète minière, découverte en M35 par le libre marchand Pius Molina, mise en exploitation en 576M36 puis en exploitation intensive en 798M39. Cette planète est réputée pour son sol riche en minéraux et gemmes rares et fourni en matière première plusieurs monde forge de ce secteur. L’exploitation de la planète se fait à mi-noyau en suivant les procédures standard. En 778M41, un unique vaisseau ruche Tyranide de la flotte ruche Behemoth, faisant certainement partie des rares rescapés de la bataille pour Macragge, est entré dans le système. Il fut abattu avant d’avoir eut le temps de lancer l’attaque sur Termina. Le vaisseau s’écrasa sur la planète après avoir brulé dans l’atmosphère. Cependant tous les Xenos présent à bord ne périrent pas et leur cycle de reproduction repris. L’exploitation fut stoppé et depuis il n’y a plus d’activité minière sur la planète.

- Merci et c’est suite à cette invasion que fut lancé l’opération « Ménage de printemps » qui nous a permit d’être tous réunis ici. Pouvez-vous nous préciser quel est l’état actuel des installations et des galeries ?

- Déclaration : Les galeries sont envahies par les Xenos et les installations sont fermées.

- A votre avis, est-il possible que des galeries passent sous ce camp ?

- Affirmation : Oui, elles ont d’ailleurs été purifiées dans les premières heures de l’opération.

- Pouvez-vous nous décrire succinctement la nature des organismes Xenos que le Capitaine Atride avait dans une boite.

- Déclaration : Ce sont des organismes fouisseurs qui semblent avoir pour seule fonction que de dévorer les matières organiques qu’ils rencontrent.

- Merci, j’ai ici un rapport qui indique que ces créatures sont encore très présentes dans les galeries. Elles échappent aux flammes des équipes de nettoyages en s’enterrant et en creusant des galeries pour sortir ailleurs. Peu dangereuses quand elles sont seules, elles sont cependant responsables d’un nombre d’accident croissant dans le camp et tous les soldats sont maintenant prudents avant d’enfiler leurs chaussures. Adepte, vous est il déjà arrivé de trouver des « Voraces » dans vos installations ?

- Affirmation : Oui.

- Merci ce sera tout pour ce sujet. Passons à la suite.

- Dépêchez vous un peu Commissaire, demanda le Commandant d’une voix autoritaire.

- Bien madame. J’ai regardé un peu les documents techniques du générateur et je n’y ai rien compris. Adepte pourriez vous nous éclairez sur quelques points ? Par exemple, nous pouvons voir les hommes du Capitaine proche d’une trappe de maintenance, qu’y a-t-il dans cette trappe.

- Déclaration : Il y a divers organes vitaux très sensibles ainsi que le contrôle de la régulation énergétique.

- Sensible à quel point ?

- Déclaration : Une mauvaise opération, un choc ou une surcharge pourrait entrainer la destruction du générateur et en conséquence une bonne partie de ce qu’il y autour.

- Est-il conseillé de tirer avec des armes à feu ou laser à proximité de cette trappe.

- Bien entendu que non ! répondit vivement Guirenaks avec un semblant d’émotion devant cette idée folle et dangereuse. Ses méchadendrites se dressèrent sur ses épaules de surprise.

- Faites attention avec vos « extensions » adeptes, nous ne sommes pas à un concours de beauté pour céphalopodes. Et donc à votre avis comment allez donc faire les technoprêtres Amerlas et Scrubolt pour arrêter Atride et ses hommes ?

Pendant un instant, le technoprêtre voulut réagir avec colère à la pique du commissaire puis la question suivant le déstabilisa, ses mechadendrites se replièrent sur elle-même dans une parodie de honte. Guirenaks resta muet devant la conclusion qui lui sautait aux yeux.

- Adepte Guirenaks, pouvez vous répondre à la question du commissaire ? demanda Deschamps.

- Et bien d’après le protocole d’attaque 56-Delta. Les technoprêtres et leurs serviteurs auraient ouvert le feu avec toutes leurs armes disponibles.

- Et que se serait il passé ?

- Les tirs auraient certainement déclenché une réaction en chaîne entrain l’explosion du réacteur. Étant donné la structure des galeries sous jacentes, l’explosion résultante auraient entrainé l’effondrement de la vallée et la mort de toutes les personnes ici présentes.

- Qu’ont donc fait le Capitaine Atride et ses hommes en mettant hors de combat les membres de l’Adeptus Mechanicus sans utiliser d’arme à feu ?

- Ils ont empêché une catastrophe.

- Existe-t-il un moyen autre que la mort de mettre rapidement hors de combat un adepte de l’Omnimessie.

- Négatif, nos corps ont reçu le don de la machine. Il est très dur de nous faire rapidement perdre connaissance.

- A votre avis, existait-il un autre moyen pour Atride et ses hommes d’éviter une catastrophe ?

- A vus des faits, non c’était le choix logique.

- Une dernière question, avez-vous trouvez les traces d’un sabotage quelconque sur le générateur qui pourrait prouvez un acte malveillant ?

- Et bien, notre étude n’a pour l’instant apporté aucun résultat concluant mais nous cherchons encore.

- L’Adeptus Mechanicus, le culte de la machine a donc besoin de tout ce temps pour découvrir une éventuelle tentative de sabotage perpétrée par un groupe d’homme ayant grandit dans le sous monde d’un monde ruche.

Le magos Arkenschell intervint d’un puissant code binaire qui dura plusieurs secondes avant de se lever et de se retirer de la pièce suivit de près par le reste des membres du Mechanicus présent dans l’assemblée. Seul restait l’adepte Guirenaks face aux officiers du 133ème.

- Déclaration : Le magos vous fait dire qu’il n’y aucun doute sur la capacité du Mechanicus à connaitre ses propres machines. Personne n’a donc saboté le générateur. Il dit aussi que le Mechanicus retire sa plainte et vous laisse juge de la suite du procès. Commissaire, avant de partir, j’ai une interrogation. Pourquoi les Xenos ?

Grass esquissa un sourire et haussa les épaules :

- On est infesté de cafard, le Capitaine et ses hommes ont du voir de l’activité du générateur et ils ont voulu éviter un accident. Ils sont entrés et ils ont désinfecté le coin sans coup de feu. Merci pour votre expertise.

Guirenaks se leva et parti les méchadendrites en berne trainant presque au sol. Une fois sorti, les officiers du 133ème applaudirent le commissaire et détachèrent le capitaine Atride. Au fond de la salle, le colonel sourit et écrasa son mégot avant d’être pris d’une de ses célèbres quintes de toux. Pantelant, il sortit de la pièce ignoré de tous occupés à célébrer la victoire du commissaire. Applewood s’adossa chancelant à la paroi extérieure et s’essuya les lèvres d’où coulait une mousse rosâtre.

mercredi 21 avril 2010

L'affaire Karl Atride - Interlude

Alors que le technoprêtre Guirenaks était en train de faire sa présentation, le Major Burns entra par le fond la salle et se glissa en silence au dernier rang aux côtés du Colonel avec un air inquiet sur le visage. Applewood écoutait attentivement les débats, un mégot de cigalho au coin de la bouche.

- Chef ? essaya de murmurer Bruns de sa voix de basse plus habituée à hurler des ordres qu’aux conversations de boudoir.

- Qu’y a-t-il Dutch ? demanda le Colonel.

- Les punaises bougent chef, d’après les experts elles seront là dans trente six heures.

- Elles se dirigent toujours sur nous ?

- Oui Chef, on a piégé toutes les autres issus de la vallée, elles nous foncent droit dessus comme un grox en rut vers sa femelle en chaleur.

- Parfait, la boite est prête à être fermée ?

- Shan et ses pièces d’artillerie sont en positions.

- Parfait, comment est le moral des hommes ?

- Tendu mais bon, ils veulent en finir.

- Comme nous tous, cette opération de nettoyage dure depuis assez longtemps. Dis à Rokwood de préparer ses équipes d’intervention on a encore les nids à s’occuper une fois qu’on aura fait le ménage dans la boite. Il faudra agir vite avant la nouvelle ponte.

- Bien Chef, et sinon ça donne quoi ici ?

- Pour l’instant, ce n’est pas bon mais j’ai confiance en Vassili.

- Pourquoi vous faites tout ça pour Karl ?

- Parce que je n’abandonne jamais personne Major. Karl n’est pas parfait mais il est un membre à part entière du régiment. Si je le sacrifie qu’est ce qui pourrait m’empêcher de le faire avec tout le régiment ? Et je ne veux pas que les hommes pensent cela, je vous ai fait une promesse et je la tiendrais.

- Alors pourquoi ne pas intervenir directement ?

- Parce que le régiment ne doit pas tenir que sur mes épaules, j’ai confiance en la capacité de nos hommes à s’entraider et à s’en sortir. De plus, je n’ai pas envie de me prendre la tête avec Mars alors que les punaises vont bientôt gratter à ma porte.

- Bien Chef, je comprends. Bon je vous laisse.

Burns déplia sa grande carcasse et se faufila vers la sortit. Applewood se concentra à nouveau sur les débats. Bientôt, ça allait être le tour du jeune commissaire. Applewood sortit un nouveau stick et le glissa entre ses lèvres avant de l’allumer. Il y avait une raison supplémentaire au fait qu’Applewood devait rester en retrait et cette raison il ne pouvait la partager avec Burns et c’est cette même raison qui le poussait à rester là plutôt que d’être dans la salle d’état major.

Depuis la création du 133ème NLGB à partir des restes du 36ème Cadien, du 55ème Catachan et du 8ème Necromunda, le Colonel avait un arrangement officieux avec le Capitaine Atride. Il fermerait les yeux sur un certain nombre d’infractions mineures de la part des anciens membres de gangs ainsi que sur les modifications de matériels non autorisées. En contre partie, Atride devait assurer que tout ce qu’il modifiait devait être parfaitement fonctionnel et de temps en temps accomplir des missions spéciales pour Applewood avec comme condition de ne jamais dire un mot sur leur accord.

Et justement cette nuit là, le Capitaine Atride était en mission pour Applewood avant de se faire arrêter sans avoir pu terminer. Et du résultat de cette mission dépendait en grande partie le reste de la campagne.

vendredi 26 mars 2010

L'affaire Karl Atride - Part III

La cours-martial s’était installée dans le mess des officiers. On avait installé une tribune a laquelle siègerait le jury pendant que l’accusé serait maintenu attaché sur un banc . Des chaises avaient été disposées dans le fond de la pièce pour permettre à quelques invités de haut rang d’assister au procès. Ces chaises étaient à moitié occupées par des notables de l’Adeptus Mechnicus et pour l’autre moitié par tous les officiers du 133ème NLGB qui avaient pu se libérer de leur poste.

Le jury était composé de trois personnes : l’officier de la flotte Deschamps qui se trouvait par hasard au sol quand la cours martial fut assemblé, le commissaire senior Scipio Landa du 133ème et le Magos Arkenschell de l’Adeptus Mechanicus. L’accusation allait être représentée par le technoprêtre Guirenaks de l’Adeptus Mechanicus tandis que le commissaire junior Vassili Grass défendrait le Capitaine Karl Atride.

Un brouhaha emplit la pièce jusqu’à l’arrivée du jury. Guirenaks et Grass s’observait avec une animosité à peine masquée. Le jury finit par s’installer et l’on fit entrer l’accusé.

Prunacs était prêt, le commissaire lui avait expressément demandé de prendre des notes sur tout ce qui allait se passer durant l’audience. Il tourna la tête et observa le capitaine prendre la direction du banc des accusés. Pendant un instant Prunacs faillit ne pas le reconnaître. Atride s’était rasé une bonne partie de sa barbe ne laissant qu’un bouc bien taillé tandis que ses longs cheveux avaient été lissé et attaché derrière sa nuque.. Le capitaine portait un simple treillis noir sans insigne ni grade, tenue typique que l’on faisait porter à quelqu’un avant de l’exécuter et pourtant le regard du Capitaine n’était pas celui d’un condamné mais d’un guerrier affrontant une nouvelle bataille.

Le calme se fit dans la salle et l’officier Deschamps prit la parole :

- Nous sommes ici pour statuer des accusations portées à l’encontre du Capitaine Karl Atride. Pour mémoire voici la liste des accusations : Meurtre du technoprêtre Amerlas, meurtre du technoprêtre Scrubolt, destruction de matériel appartenant à l’Adeptus Mechanicus d’une valeur de plus de cent mille crédits, tech-hérésie par modification non conventionnelle d’un générateur et finalement tentative de sabotage. Est-ce exact Adepte Guirenaks ?

- Affirmation : Cette liste est parfaitement exhaustive, répondit l’adepte de l’Omnimessie de sa voix synthétique.

- Quelle peine est requise ?

- Affirmation : L’Adeptus Mechanicus est magnanime. Cette liste de crime devrait être punit d’une quadruple peine de mort, nous en requerront une seule ainsi que l’indemnisation de nos pertes matériels.

- Commissaire Grass, que plaidez-vous ?

- Et bien nous souhaiterions une révision de la liste des accusations Madame. Il s’avère qu’après enquête certains faits ne sont pas aussi clairs qu’ils ne semblent apparaître.

- Exclamation : il n’y a aucun doute sur les faits. Les accusations ne changeront pas.

- J’ai bien pris note de votre point de vue Commissaire. Nous allons commencer par répondre à la liste des accusations actuelles et nous verrons si révision il doit y avoir. Cela vous convient il ?

- Affirmation : Oui.

- Oui Madame et dans ce cas je plaide non coupable.

- Très bien, maintenant je vais laisser la parole à l’accusation.

Le technoprêtre se leva et transmis un signale binaire à deux serviteur qui poussèrent un imposant projecteur holographique devant le jury. Guirenaks s’approcha du projecteur et le régla avec l’aide de ses mechadendrites. Puis il s’adressa à l’assemblée :

- Déclaration : Hier soir à 23h heure locale, les technoprêtres Amerlas et Scrubolt ont effectués une tournée d’inspection de routine des installations. A leur arrivé au générateur 4, ils ont constaté une intrusion et l’ont immédiatement signalé.

Guirenaks appuya sur une touche et un signal étrange jaillit du projecteur.

- Précision : En langage charnelle cela peut être traduit par « Incident type 34 Générateur 4 Investigation en cours »

- Comment pouvons nous en être sur ? demanda le Commandant Deschamps.

Guirenaks se tourna vers le magos Arkenschell qui prit la parole :

- Affirmation : Nous confirmons la teneur de ce message. Fin de transmission.

- Merci Magos, à l’avenir pouvez juste nous dire s’il y a un problème de traduction.

- Affirmation : Oui. Fin de transmission.

Guirenaks reprit la parole.

- Déclaration : Les deux technoprêtres ont donc pénétré dans l’enceinte du générateur où ils ont trouvé le Capitaine Karl Atride et quatre de ses hommes les mains dans les circuits consacrés du générateur. Pour une meilleure visualisation voici l’enregistrement pris par les optiques des technoprêtres et des serviteurs présents.

D’une habile pression avec une méchadendrite, Guirenaks alluma le projecteur. Une image ambrée se matérialisa dans les airs. On y voyait cinq hommes devant l’ouverture béante de la trappe de maintenance du générateur. Une grande silhouette bedonnante se redressa et regarda vers les technoprêtres. Il fronça les sourcils et tapota sur l’épaule d’un autre homme avant de cracher sa chique sur le sol. L’autre homme se releva et s’avéra être Karl Atride. Il s’approcha des technoprêtres les mains éloigné du corps. Les fidèles de l’Omnimessie se mirent à crier :

- Interrogation : Que faites-vous ici ? Cette zone est réservée au personnel de l’Adeptus Mechanicus. Vous n’avez pas le droit d’être ici.

- Du calme mon vieux, on a presque fini. On s’en va, répondit calmement Atride.

- Ordre : Sortez vos mains de cette sainte construction.

- Très bien, les gars on se bouge tranquillement vers la sortie, pas de mouvement brusque personne ne veut de grabuge.

Atride et ses hommes s’éloignèrent alors calmement de la trappe de maintenance quand l’un d’eux se pencha pour ramasser un imposant coffre métallique qui était posé sur le sol.

- Ordre : Arrêtez-vous. Interrogation : Qu’y a-t-il dans cette boite.

- Rien qui vous importe, répondit Atride en faisant signe à ses hommes d’aller vers la sortie.

- Ordre : Ne bougez plus et ouvrez cette boite.

- Il ne vaut mieux pas l’ouvrir, pour notre sécurité à tous.

- Exclamation : Technoprêtre Scrubolt, mes auspex détectent une forme de vie à l’intérieur de ce contenant, intervint Amerlas en binaire.

- Interrogation : De quel genre.

- Exclamation : Xenos, très certainement tyranide.

- Je vais tout vous expliquer, essaya d’intervenir Atride qui comprenait bien que la situation était en train de tourner au vinaigre.

- Exclamation : Trahison. Hérésie. Ordre d’attaque 56-Delta

Les serviteurs et les technoprêtres entrèrent en mode de combat. L’image se mit à bouger dans tous les sens alors que le son devint un indescriptible brouhaha. Quelques instants plus tard l’image se stabilisa, le point de vue avait changé. Il était au niveau de sol incliné à quatre vingt dix degrés comme si le porteur des optiques était allongé sur le flanc. Les images montraient le Capitaine se jeter sur le second technoprêtre un couteau à la main. Il évita d’un mouvement souple les méchadendrites, passa sous la garde du prêtre et lui enfonça la lame d’acier sous l’aisselle dans une des rares zones de chair exposée. Le prêtre fit un pas en arrière un peu déstabilisé. Atride en profita pour se saisir du réseau de câble qui reliait le respirateur du prêtre a son système de circulation. Il tira d’un coup sec, arrachant les câbles et le respirateur. Le prêtre s’effondra au sol et mourut asphyxié dans l’indifférence.

Guirenaks choisit d’arrêter la vidéo sur cette image.

- Déclaration : Je pense que cet enregistrement prouve tout ce qu’il y a à prouver. Dons notre magnanimité, nous n’avons requit aucune charge contre les hommes d’Atride qui était visiblement ici pour obéir aux ordres et qui ont uniquement endommagé du matériel. Après étude des corps des deux technoprêtres, que vous trouverez dans ce dossier, il est évident que les meurtres ont été commis par le Capitaine Atride. Cette vidéo montre aussi que le Capitaine a cherché à introduire des organismes Xenos dans une révéré machine. Étant donné la culpabilité évidente de cette personne nous ne souhaitons rien ajouter et laissons la parole au Commissaire.

-

- Commissaire, avez-vous une objection au sujet de cette vidéo ? demanda le Commandant Deschamps.

- Aucune Madame, je confirme la totale véracité de tous ce que l’on peut observer sur cette vidéo.

- Alors nous pouvons délibérer pour rendre un jugement ?

- Non madame.

- Vous venez pourtant de dire que cette vidéo était bien authentique ?

- Oui madame, la vidéo est exact, ce sont les conclusions que l’Adeptus Mechanicus en tire qui sont fausses et c’est ce que je vais tacher de vous prouver maintenant.

jeudi 25 mars 2010

L'affaire Karl Atride - Part II

La petite pièce sentait le renfermé et la nourriture périmée. On l’avait vidé des caisses de ravitaillement qu’elle contenait pour pouvoir accueillir le prisonnier. On avait posé à la hâte un lit de camp et un seau avant d’y amener le capitaine Atride. Celui-ci se laissait faire, encore sous l’effet du tranquillisant qu’on lui avait administré. Deux hommes le posèrent sur le lit de camp avant de quitter la pièce.

Atride resta un petit moment assis sur le lit à regarder dans le vide, un peu de bave coulant de sa bouche à travers sa barbe en broussaille. Il était torse nu et on avait enlevé les lacets de ces bottes. Une caméra avait été posée en hâte dans la pièce pour garder un œil permanent sur le prisonnier. Depuis son bureau, le colonel regardait l’écran et soupira en voyant l’état du capitaine. Cette fois-ci il ne pouvait rien faire pour arrondir les angles. Il avait un rapport de l’Adeptus Mechanicus devant lui et les faits étaient accablants.

Cette fois-ci Atride avait non-seulement commis un crime de Tech-Hérésie mais il avait aussi tué deux technoprètres. Applewood n’était pas du genre à céder aux pressions des prêtres de Mars mais la situation était beaucoup trop grave pour être ignorée une fois de plus. Atride était connu depuis longtemps par le Munitorum et l’Adeptus Mechanicus pour avoir la fâcheuse tendance d’apporter des modifications totalement illégal à son matériel et celui de ses hommes.

Le colonel relu encore une fois le dossier du capitaine et soupira devant le gâchis qui se préparait. Son régiment ne pouvait pas se passer d’Atride, il était le représentant du bataillon RSL et le plus haut gradé des survivants du 8ème de Necromunda. C’était un véritable leader, aimé de ses hommes, icône vivante de l’esprit de Necromunda ainsi qu’un fervent partisan de la fusion qui avait donné naissance au 133ème NLGB. Malheureusement, l’Adeptus Mechanicus était tout aussi indispensable au régiment pour toute la gestion de l’entretien et des réparations des blindés du régiment. Applewood ne pouvait pas prendre de partie. C’est pourquoi il avait fait le pari de nommer Grass à la défense d’Atride. Il comptait sur l’esprit vif du jeune commissaire pour obtenir un miracle.

Applewood reporta son attention sur Atride. L’officier, même sous tranquillisant, donnait une impression de force et de violence. Ses longs cheveux noirs, encore une entorse au règlement, le retombaient devant le visage. Le Colonel avait l’impression d’avoir mis un lion à la crinière noire en cage. Applewood ausculta les différents tatouages et cicatrices présents sur le corps de l’homme. Les cicatrices racontaient l’histoire d’une vie de violence et de combats tandis qu’on lui avait expliqué que les tatouages étaient des souvenirs des années d’Atride en tant que chef de gang sur Necromunda.

Le capitaine était un Van Saar, un des gangs majeurs de la cité ruche principale. En tant que tel, en plus d’être un guerrier aguerris, il avait de grandes connaissances techniques parfois supérieures à celles de certains technoprètres, comme une bonne partie du 8ème Necromunda qui historiquement était composé majoritairement de ganger issu de la famille Van Saar. Bien entendu cela déplaisait à l’Adeptus Mechanicus et à travers toute son histoire le 8ème avait eu des troubles avec le clergé martien.

L’intercom de son bureau sonna, Applewood actionna la rune de réception et écouta :

- Colonel, le commissaire Grass vient d’arriver au quartier général. Il demande à rencontrer le prisonnier pour préparer le procès.

- Merci Sergent, il peut aller rencontrer l’accusé. Dites lui que Mars fait pression et que l’audience commencera dans trente minutes.

- A vos ordres colonel !

Applewood soupira longuement avant d’allumer un cigalho. Il tira quelques bouffées avant d’être pris d’une violente quinte de toux qui le laissèrent hors d’haleine. Il n’écrasa pas pour autant le petit cylindre de mort et reprit l’étude du dossier.

Grass pénétra dans la petite pièce où était retenu le capitaine en compagnie d’un officier médical et de Prunacs son ordonnance. Le docteur injecta un léger stimulant au capitaine, vérifia son pouls et sa tension puis quitta la pièce. Prunacs posa la chaise qu’il avait prise avec lui devant le capitaine puis alla se mettre debout dans un coin de la pièce. Grass alla s’assoir devant le capitaine en ouvrant le dossier de l’affaire. Atride reprenait petit à petit ses esprits.

- Bien capitaine, commença Grass, on dirait que vous avez encore des ennuis.

- Humpf, grommela Atride dans sa barbe.

- Vous dites capitaine ?

- Faites votre boulot et qu’on en finisse, je le mérite ce putain de bolt dans ma nuque.

- Vous faites fausse route capitaine, vous allez passer en court martial et je suis là pour vous défendre pas pour exécuter.

- En court martial ? Bande de crétins, vous allez faire perdre du temps à tout le monde.

- Je pense que le colonel a un autre avis sur la situation.

- Le vieux ? En quoi ça le concerne, c’est moi qui ai descendu les deux têtes d’engrenages.

- Justement, je pense que tous le monde serait enchanté de savoir pourquoi vous avez abattus deux serviteurs de l’Imperium sur leur lieu de travail après avoir été surpris les mains dans les circuits consacrés d’un générateur de champ de force modèle Cérès Mark IV, si ce que je lis dans le rapport est exact.

- Ouais, c’est vrai. Je les ai tués, point final. Je suis coupable.

- Capitaine, cette attitude ne va nous servir à rien. Je suis là pour vous aider et j’ai besoin de votre confiance. On va reprendre depuis le début.

Grass marqua une pause et se tourna vers Prunacs. Il lui fit signe de quitter la pièce. Prunacs hésita un instant avant d’obéir. Il vit le commissaire se lever et débrancher la caméra. Prunacs sortit de la pièce passa entre les deux gardes chiourmes et ferma la porte derrière lui avant d’aller attendre que le commissaire fasse à nouveau appelle à lui.

Prunacs regarda sa montre et nota qu’il ne restait plus beaucoup de temps avant le début du procès. Il n’avait jamais eut l’occasion de voir le commandant de son bataillon d’aussi près et il avait été impressionné par celui-ci. Prunacs commençait à bien connaître les natifs de Necromunda qui formaient la colonne vertébrale de son bataillon. Il les avait au début considéré comme des brutes venant des zones à peine civilisé des ruches de l’Imperium, comme on pouvait en voir tant dans les fictions qui été diffusées sur Bittorea.

Finalement, les Van Saar étaient des hommes et des femmes tout à fait fréquentables, avec leur culture et leur code d’honneur. Les natifs de Necromunda avaient accueillis les nouvelles recrues de Bittorea avec beaucoup de diplomatie et de patience et après quelques temps les deux cultures finirent par se mélanger et s’harmoniser. Prunacs savait que ceci était dû à la volonté du Capitaine Atride et du Colonel Applewood.

Atride se comportait avec son bataillon comme un chef de gang et pas comme un officier de la garde impériale. C’était une figure paternelle, dure mais juste et qui n’hésitait jamais à accomplir les mêmes taches que ses hommes.

Prunacs avait beau se dire que le Capitaine avait commis une hérésie, il souhaitait que le Commissaire Grass trouve un moyen de le sauver.

Après une dizaine de minute la porte s’ouvrit sur le Commissaire qui semblait toujours aussi inquiet.

- Prunacs veuillez donner au capitaine un nécessaire de toilette qu’il puisse ressembler un peu plus à un être humain et moins à un ours. Quand à vous Capitaine, on se revoit au procès.

Grass sortit de la pièce après que Prunacs y fut entré. Ce dernier déposa le nécessaire de toilette et sortit de la pièce après avoir reprit la chaise. Avant de sortir de la pièce, il nota que la caméra était à nouveau en marche.

Atride regarda la porte se fermer et son visage esquissa un sourire. Il ouvrit sa main gauche et regarda la lame de scalpel qu’il y avait caché durant tout l’entretien. Son plan d’origine était de trancher la gorge du commissaire, de prendre le soldat en otage et d’essayer de s’enfuir. C’est pour cela qu’il avait toujours une lame de scalpel caché dans les replis de tissus cicatriciels d’une fausse cicatrice faite à base de synth-peau. Mais le discours de Grass l’avait convaincu, il allait faire confiance au jeune commissaire. Il pourrait toujours essayer de s’enfuir plus tard.