jeudi 22 avril 2010

L'affaire Karl Atride - Part IV

Le commissaire Grass prit une profonde inspiration avant de se lever et d’affronter le jury. Il jeta un œil sur l’assistance et nota la mine déconfite des officiers du 133ème et les gesticulations joyeuses des méchadendrites des membres de l’Adeptus Mechanicus. Guirenaks avait fait du bon travail, l’enregistrement était une preuve irréfutable et pour l’ensemble du Mechanicus l’histoire était déjà entendue. Grass allait devoir être très fin pour réussir à les faire changer d’avis.

- Merci Adepte Guirenaks pour cet enregistrement. Je suis toujours impressionné par les moyens du Mechanicus, commença Grass en s’approchant du projecteur l’observant un moment avant de se tourner vers le jury. Seulement et c’est souvent le cas souvent avec les films, je ne vois pas tout a fait les mêmes choses que vous. Vous nous montrez un officier de la Garde Imperial surpris dans l’enceinte d’un générateur avec des organismes Xenos et qui ensuite abat froidement deux membres du culte de la machine. Présenté comme ça, c’est bien un crime qui mérite un châtiment exemplaire. Mais je vais vous dire ce que je vois, je vois cinq membres de la Garde Impériale surpris dans un lieu interdit qui restent calme malgré la pression subit par le ton autoritaire et pressé de l’adepte, des gardes qui obéissent aux instructions qu’on leur donne, qui préviennent du danger inhérent au contenu du coffre. De mon point de vue, rien qui mérite une peine capitale. On parle de meurtre, de trahison, d’hérésie et de sabotage pour tous ses points je dis non. Le Capitaine Atride reconnaît avoir pénétré un secteur interdit et avoir transporté des organismes Xenos dans un container sécurisé et adapté. Mais personne ne lui a demandé pourquoi ? et aussi personne ne s’est demandé pourquoi ces cinq hommes ont attendu avant d’attaquer les membres de l’Adeptus Mechanicus alors qu’ils auraient pu les neutraliser dès leur entrée dans la ssalle du générateur ?

Grass marqua une pause pour reprendre son souffle.

- Ce que je fais faire maintenant et d’essayer de répondre à ces question. Malheureusement le temps qui m’est accordé est fort bref, je vais donc me contenter d’un seul expert pour vous convaincre. Si la cours me le permet je souhaiterais inviter l’Adepte Guirenaks en tant qu’expert.

- Il n’est pas conventionnel ni vraiment autorisé de faire appel à l’accusateur comme expert, nota le Commandant Deschamps.

- Je le sais bien Commandant, mais j’ai confiance dans l’objectivité d’un membre du clergé de Mars et de plus comme nous sommes pressés par le temps en faisant appel à lui nous éviterons de perdre du temps dans un contre interrogatoire. Bien entendu si l’accusation refuse, je serais contraint de demander un ajournement du procès le temps de me permettre de préparer une défense convenable. Et je pense que ce serais vriament perdre du temps pour une affaire aussi simple.

- Qu’en pensez-vous Adepte Guirenaks ? interrogea le Commandant.

- Déclaration : Nous sommes d’accord, le commissaire à raison inutile de perdre du temps pour une histoire simple, répondit l’adepte après un bref échange binaire avec le magos Arkenschell.

- Merci, allez prendre place alors.

Guirenaks se leva et alla s’assoir à côté du jury, ses méchadendrites frétillantes de plaisir à l’idée de pouvoir rabattre le caquet du jeune commissaire. Grass s’approcha de l’adepte et le regarda droit dans ses oculaires couleurs saphir.

- Adepte, avant tout merci de votre assistance. Je sais que votre spécialité est la géologie. Pourriez-vous nous rappeler les conditions géologiques de la zone ?

- Déclaration : Termina VII, planète minière, découverte en M35 par le libre marchand Pius Molina, mise en exploitation en 576M36 puis en exploitation intensive en 798M39. Cette planète est réputée pour son sol riche en minéraux et gemmes rares et fourni en matière première plusieurs monde forge de ce secteur. L’exploitation de la planète se fait à mi-noyau en suivant les procédures standard. En 778M41, un unique vaisseau ruche Tyranide de la flotte ruche Behemoth, faisant certainement partie des rares rescapés de la bataille pour Macragge, est entré dans le système. Il fut abattu avant d’avoir eut le temps de lancer l’attaque sur Termina. Le vaisseau s’écrasa sur la planète après avoir brulé dans l’atmosphère. Cependant tous les Xenos présent à bord ne périrent pas et leur cycle de reproduction repris. L’exploitation fut stoppé et depuis il n’y a plus d’activité minière sur la planète.

- Merci et c’est suite à cette invasion que fut lancé l’opération « Ménage de printemps » qui nous a permit d’être tous réunis ici. Pouvez-vous nous préciser quel est l’état actuel des installations et des galeries ?

- Déclaration : Les galeries sont envahies par les Xenos et les installations sont fermées.

- A votre avis, est-il possible que des galeries passent sous ce camp ?

- Affirmation : Oui, elles ont d’ailleurs été purifiées dans les premières heures de l’opération.

- Pouvez-vous nous décrire succinctement la nature des organismes Xenos que le Capitaine Atride avait dans une boite.

- Déclaration : Ce sont des organismes fouisseurs qui semblent avoir pour seule fonction que de dévorer les matières organiques qu’ils rencontrent.

- Merci, j’ai ici un rapport qui indique que ces créatures sont encore très présentes dans les galeries. Elles échappent aux flammes des équipes de nettoyages en s’enterrant et en creusant des galeries pour sortir ailleurs. Peu dangereuses quand elles sont seules, elles sont cependant responsables d’un nombre d’accident croissant dans le camp et tous les soldats sont maintenant prudents avant d’enfiler leurs chaussures. Adepte, vous est il déjà arrivé de trouver des « Voraces » dans vos installations ?

- Affirmation : Oui.

- Merci ce sera tout pour ce sujet. Passons à la suite.

- Dépêchez vous un peu Commissaire, demanda le Commandant d’une voix autoritaire.

- Bien madame. J’ai regardé un peu les documents techniques du générateur et je n’y ai rien compris. Adepte pourriez vous nous éclairez sur quelques points ? Par exemple, nous pouvons voir les hommes du Capitaine proche d’une trappe de maintenance, qu’y a-t-il dans cette trappe.

- Déclaration : Il y a divers organes vitaux très sensibles ainsi que le contrôle de la régulation énergétique.

- Sensible à quel point ?

- Déclaration : Une mauvaise opération, un choc ou une surcharge pourrait entrainer la destruction du générateur et en conséquence une bonne partie de ce qu’il y autour.

- Est-il conseillé de tirer avec des armes à feu ou laser à proximité de cette trappe.

- Bien entendu que non ! répondit vivement Guirenaks avec un semblant d’émotion devant cette idée folle et dangereuse. Ses méchadendrites se dressèrent sur ses épaules de surprise.

- Faites attention avec vos « extensions » adeptes, nous ne sommes pas à un concours de beauté pour céphalopodes. Et donc à votre avis comment allez donc faire les technoprêtres Amerlas et Scrubolt pour arrêter Atride et ses hommes ?

Pendant un instant, le technoprêtre voulut réagir avec colère à la pique du commissaire puis la question suivant le déstabilisa, ses mechadendrites se replièrent sur elle-même dans une parodie de honte. Guirenaks resta muet devant la conclusion qui lui sautait aux yeux.

- Adepte Guirenaks, pouvez vous répondre à la question du commissaire ? demanda Deschamps.

- Et bien d’après le protocole d’attaque 56-Delta. Les technoprêtres et leurs serviteurs auraient ouvert le feu avec toutes leurs armes disponibles.

- Et que se serait il passé ?

- Les tirs auraient certainement déclenché une réaction en chaîne entrain l’explosion du réacteur. Étant donné la structure des galeries sous jacentes, l’explosion résultante auraient entrainé l’effondrement de la vallée et la mort de toutes les personnes ici présentes.

- Qu’ont donc fait le Capitaine Atride et ses hommes en mettant hors de combat les membres de l’Adeptus Mechanicus sans utiliser d’arme à feu ?

- Ils ont empêché une catastrophe.

- Existe-t-il un moyen autre que la mort de mettre rapidement hors de combat un adepte de l’Omnimessie.

- Négatif, nos corps ont reçu le don de la machine. Il est très dur de nous faire rapidement perdre connaissance.

- A votre avis, existait-il un autre moyen pour Atride et ses hommes d’éviter une catastrophe ?

- A vus des faits, non c’était le choix logique.

- Une dernière question, avez-vous trouvez les traces d’un sabotage quelconque sur le générateur qui pourrait prouvez un acte malveillant ?

- Et bien, notre étude n’a pour l’instant apporté aucun résultat concluant mais nous cherchons encore.

- L’Adeptus Mechanicus, le culte de la machine a donc besoin de tout ce temps pour découvrir une éventuelle tentative de sabotage perpétrée par un groupe d’homme ayant grandit dans le sous monde d’un monde ruche.

Le magos Arkenschell intervint d’un puissant code binaire qui dura plusieurs secondes avant de se lever et de se retirer de la pièce suivit de près par le reste des membres du Mechanicus présent dans l’assemblée. Seul restait l’adepte Guirenaks face aux officiers du 133ème.

- Déclaration : Le magos vous fait dire qu’il n’y aucun doute sur la capacité du Mechanicus à connaitre ses propres machines. Personne n’a donc saboté le générateur. Il dit aussi que le Mechanicus retire sa plainte et vous laisse juge de la suite du procès. Commissaire, avant de partir, j’ai une interrogation. Pourquoi les Xenos ?

Grass esquissa un sourire et haussa les épaules :

- On est infesté de cafard, le Capitaine et ses hommes ont du voir de l’activité du générateur et ils ont voulu éviter un accident. Ils sont entrés et ils ont désinfecté le coin sans coup de feu. Merci pour votre expertise.

Guirenaks se leva et parti les méchadendrites en berne trainant presque au sol. Une fois sorti, les officiers du 133ème applaudirent le commissaire et détachèrent le capitaine Atride. Au fond de la salle, le colonel sourit et écrasa son mégot avant d’être pris d’une de ses célèbres quintes de toux. Pantelant, il sortit de la pièce ignoré de tous occupés à célébrer la victoire du commissaire. Applewood s’adossa chancelant à la paroi extérieure et s’essuya les lèvres d’où coulait une mousse rosâtre.

mercredi 21 avril 2010

L'affaire Karl Atride - Interlude

Alors que le technoprêtre Guirenaks était en train de faire sa présentation, le Major Burns entra par le fond la salle et se glissa en silence au dernier rang aux côtés du Colonel avec un air inquiet sur le visage. Applewood écoutait attentivement les débats, un mégot de cigalho au coin de la bouche.

- Chef ? essaya de murmurer Bruns de sa voix de basse plus habituée à hurler des ordres qu’aux conversations de boudoir.

- Qu’y a-t-il Dutch ? demanda le Colonel.

- Les punaises bougent chef, d’après les experts elles seront là dans trente six heures.

- Elles se dirigent toujours sur nous ?

- Oui Chef, on a piégé toutes les autres issus de la vallée, elles nous foncent droit dessus comme un grox en rut vers sa femelle en chaleur.

- Parfait, la boite est prête à être fermée ?

- Shan et ses pièces d’artillerie sont en positions.

- Parfait, comment est le moral des hommes ?

- Tendu mais bon, ils veulent en finir.

- Comme nous tous, cette opération de nettoyage dure depuis assez longtemps. Dis à Rokwood de préparer ses équipes d’intervention on a encore les nids à s’occuper une fois qu’on aura fait le ménage dans la boite. Il faudra agir vite avant la nouvelle ponte.

- Bien Chef, et sinon ça donne quoi ici ?

- Pour l’instant, ce n’est pas bon mais j’ai confiance en Vassili.

- Pourquoi vous faites tout ça pour Karl ?

- Parce que je n’abandonne jamais personne Major. Karl n’est pas parfait mais il est un membre à part entière du régiment. Si je le sacrifie qu’est ce qui pourrait m’empêcher de le faire avec tout le régiment ? Et je ne veux pas que les hommes pensent cela, je vous ai fait une promesse et je la tiendrais.

- Alors pourquoi ne pas intervenir directement ?

- Parce que le régiment ne doit pas tenir que sur mes épaules, j’ai confiance en la capacité de nos hommes à s’entraider et à s’en sortir. De plus, je n’ai pas envie de me prendre la tête avec Mars alors que les punaises vont bientôt gratter à ma porte.

- Bien Chef, je comprends. Bon je vous laisse.

Burns déplia sa grande carcasse et se faufila vers la sortit. Applewood se concentra à nouveau sur les débats. Bientôt, ça allait être le tour du jeune commissaire. Applewood sortit un nouveau stick et le glissa entre ses lèvres avant de l’allumer. Il y avait une raison supplémentaire au fait qu’Applewood devait rester en retrait et cette raison il ne pouvait la partager avec Burns et c’est cette même raison qui le poussait à rester là plutôt que d’être dans la salle d’état major.

Depuis la création du 133ème NLGB à partir des restes du 36ème Cadien, du 55ème Catachan et du 8ème Necromunda, le Colonel avait un arrangement officieux avec le Capitaine Atride. Il fermerait les yeux sur un certain nombre d’infractions mineures de la part des anciens membres de gangs ainsi que sur les modifications de matériels non autorisées. En contre partie, Atride devait assurer que tout ce qu’il modifiait devait être parfaitement fonctionnel et de temps en temps accomplir des missions spéciales pour Applewood avec comme condition de ne jamais dire un mot sur leur accord.

Et justement cette nuit là, le Capitaine Atride était en mission pour Applewood avant de se faire arrêter sans avoir pu terminer. Et du résultat de cette mission dépendait en grande partie le reste de la campagne.

vendredi 26 mars 2010

L'affaire Karl Atride - Part III

La cours-martial s’était installée dans le mess des officiers. On avait installé une tribune a laquelle siègerait le jury pendant que l’accusé serait maintenu attaché sur un banc . Des chaises avaient été disposées dans le fond de la pièce pour permettre à quelques invités de haut rang d’assister au procès. Ces chaises étaient à moitié occupées par des notables de l’Adeptus Mechnicus et pour l’autre moitié par tous les officiers du 133ème NLGB qui avaient pu se libérer de leur poste.

Le jury était composé de trois personnes : l’officier de la flotte Deschamps qui se trouvait par hasard au sol quand la cours martial fut assemblé, le commissaire senior Scipio Landa du 133ème et le Magos Arkenschell de l’Adeptus Mechanicus. L’accusation allait être représentée par le technoprêtre Guirenaks de l’Adeptus Mechanicus tandis que le commissaire junior Vassili Grass défendrait le Capitaine Karl Atride.

Un brouhaha emplit la pièce jusqu’à l’arrivée du jury. Guirenaks et Grass s’observait avec une animosité à peine masquée. Le jury finit par s’installer et l’on fit entrer l’accusé.

Prunacs était prêt, le commissaire lui avait expressément demandé de prendre des notes sur tout ce qui allait se passer durant l’audience. Il tourna la tête et observa le capitaine prendre la direction du banc des accusés. Pendant un instant Prunacs faillit ne pas le reconnaître. Atride s’était rasé une bonne partie de sa barbe ne laissant qu’un bouc bien taillé tandis que ses longs cheveux avaient été lissé et attaché derrière sa nuque.. Le capitaine portait un simple treillis noir sans insigne ni grade, tenue typique que l’on faisait porter à quelqu’un avant de l’exécuter et pourtant le regard du Capitaine n’était pas celui d’un condamné mais d’un guerrier affrontant une nouvelle bataille.

Le calme se fit dans la salle et l’officier Deschamps prit la parole :

- Nous sommes ici pour statuer des accusations portées à l’encontre du Capitaine Karl Atride. Pour mémoire voici la liste des accusations : Meurtre du technoprêtre Amerlas, meurtre du technoprêtre Scrubolt, destruction de matériel appartenant à l’Adeptus Mechanicus d’une valeur de plus de cent mille crédits, tech-hérésie par modification non conventionnelle d’un générateur et finalement tentative de sabotage. Est-ce exact Adepte Guirenaks ?

- Affirmation : Cette liste est parfaitement exhaustive, répondit l’adepte de l’Omnimessie de sa voix synthétique.

- Quelle peine est requise ?

- Affirmation : L’Adeptus Mechanicus est magnanime. Cette liste de crime devrait être punit d’une quadruple peine de mort, nous en requerront une seule ainsi que l’indemnisation de nos pertes matériels.

- Commissaire Grass, que plaidez-vous ?

- Et bien nous souhaiterions une révision de la liste des accusations Madame. Il s’avère qu’après enquête certains faits ne sont pas aussi clairs qu’ils ne semblent apparaître.

- Exclamation : il n’y a aucun doute sur les faits. Les accusations ne changeront pas.

- J’ai bien pris note de votre point de vue Commissaire. Nous allons commencer par répondre à la liste des accusations actuelles et nous verrons si révision il doit y avoir. Cela vous convient il ?

- Affirmation : Oui.

- Oui Madame et dans ce cas je plaide non coupable.

- Très bien, maintenant je vais laisser la parole à l’accusation.

Le technoprêtre se leva et transmis un signale binaire à deux serviteur qui poussèrent un imposant projecteur holographique devant le jury. Guirenaks s’approcha du projecteur et le régla avec l’aide de ses mechadendrites. Puis il s’adressa à l’assemblée :

- Déclaration : Hier soir à 23h heure locale, les technoprêtres Amerlas et Scrubolt ont effectués une tournée d’inspection de routine des installations. A leur arrivé au générateur 4, ils ont constaté une intrusion et l’ont immédiatement signalé.

Guirenaks appuya sur une touche et un signal étrange jaillit du projecteur.

- Précision : En langage charnelle cela peut être traduit par « Incident type 34 Générateur 4 Investigation en cours »

- Comment pouvons nous en être sur ? demanda le Commandant Deschamps.

Guirenaks se tourna vers le magos Arkenschell qui prit la parole :

- Affirmation : Nous confirmons la teneur de ce message. Fin de transmission.

- Merci Magos, à l’avenir pouvez juste nous dire s’il y a un problème de traduction.

- Affirmation : Oui. Fin de transmission.

Guirenaks reprit la parole.

- Déclaration : Les deux technoprêtres ont donc pénétré dans l’enceinte du générateur où ils ont trouvé le Capitaine Karl Atride et quatre de ses hommes les mains dans les circuits consacrés du générateur. Pour une meilleure visualisation voici l’enregistrement pris par les optiques des technoprêtres et des serviteurs présents.

D’une habile pression avec une méchadendrite, Guirenaks alluma le projecteur. Une image ambrée se matérialisa dans les airs. On y voyait cinq hommes devant l’ouverture béante de la trappe de maintenance du générateur. Une grande silhouette bedonnante se redressa et regarda vers les technoprêtres. Il fronça les sourcils et tapota sur l’épaule d’un autre homme avant de cracher sa chique sur le sol. L’autre homme se releva et s’avéra être Karl Atride. Il s’approcha des technoprêtres les mains éloigné du corps. Les fidèles de l’Omnimessie se mirent à crier :

- Interrogation : Que faites-vous ici ? Cette zone est réservée au personnel de l’Adeptus Mechanicus. Vous n’avez pas le droit d’être ici.

- Du calme mon vieux, on a presque fini. On s’en va, répondit calmement Atride.

- Ordre : Sortez vos mains de cette sainte construction.

- Très bien, les gars on se bouge tranquillement vers la sortie, pas de mouvement brusque personne ne veut de grabuge.

Atride et ses hommes s’éloignèrent alors calmement de la trappe de maintenance quand l’un d’eux se pencha pour ramasser un imposant coffre métallique qui était posé sur le sol.

- Ordre : Arrêtez-vous. Interrogation : Qu’y a-t-il dans cette boite.

- Rien qui vous importe, répondit Atride en faisant signe à ses hommes d’aller vers la sortie.

- Ordre : Ne bougez plus et ouvrez cette boite.

- Il ne vaut mieux pas l’ouvrir, pour notre sécurité à tous.

- Exclamation : Technoprêtre Scrubolt, mes auspex détectent une forme de vie à l’intérieur de ce contenant, intervint Amerlas en binaire.

- Interrogation : De quel genre.

- Exclamation : Xenos, très certainement tyranide.

- Je vais tout vous expliquer, essaya d’intervenir Atride qui comprenait bien que la situation était en train de tourner au vinaigre.

- Exclamation : Trahison. Hérésie. Ordre d’attaque 56-Delta

Les serviteurs et les technoprêtres entrèrent en mode de combat. L’image se mit à bouger dans tous les sens alors que le son devint un indescriptible brouhaha. Quelques instants plus tard l’image se stabilisa, le point de vue avait changé. Il était au niveau de sol incliné à quatre vingt dix degrés comme si le porteur des optiques était allongé sur le flanc. Les images montraient le Capitaine se jeter sur le second technoprêtre un couteau à la main. Il évita d’un mouvement souple les méchadendrites, passa sous la garde du prêtre et lui enfonça la lame d’acier sous l’aisselle dans une des rares zones de chair exposée. Le prêtre fit un pas en arrière un peu déstabilisé. Atride en profita pour se saisir du réseau de câble qui reliait le respirateur du prêtre a son système de circulation. Il tira d’un coup sec, arrachant les câbles et le respirateur. Le prêtre s’effondra au sol et mourut asphyxié dans l’indifférence.

Guirenaks choisit d’arrêter la vidéo sur cette image.

- Déclaration : Je pense que cet enregistrement prouve tout ce qu’il y a à prouver. Dons notre magnanimité, nous n’avons requit aucune charge contre les hommes d’Atride qui était visiblement ici pour obéir aux ordres et qui ont uniquement endommagé du matériel. Après étude des corps des deux technoprêtres, que vous trouverez dans ce dossier, il est évident que les meurtres ont été commis par le Capitaine Atride. Cette vidéo montre aussi que le Capitaine a cherché à introduire des organismes Xenos dans une révéré machine. Étant donné la culpabilité évidente de cette personne nous ne souhaitons rien ajouter et laissons la parole au Commissaire.

-

- Commissaire, avez-vous une objection au sujet de cette vidéo ? demanda le Commandant Deschamps.

- Aucune Madame, je confirme la totale véracité de tous ce que l’on peut observer sur cette vidéo.

- Alors nous pouvons délibérer pour rendre un jugement ?

- Non madame.

- Vous venez pourtant de dire que cette vidéo était bien authentique ?

- Oui madame, la vidéo est exact, ce sont les conclusions que l’Adeptus Mechanicus en tire qui sont fausses et c’est ce que je vais tacher de vous prouver maintenant.

jeudi 25 mars 2010

L'affaire Karl Atride - Part II

La petite pièce sentait le renfermé et la nourriture périmée. On l’avait vidé des caisses de ravitaillement qu’elle contenait pour pouvoir accueillir le prisonnier. On avait posé à la hâte un lit de camp et un seau avant d’y amener le capitaine Atride. Celui-ci se laissait faire, encore sous l’effet du tranquillisant qu’on lui avait administré. Deux hommes le posèrent sur le lit de camp avant de quitter la pièce.

Atride resta un petit moment assis sur le lit à regarder dans le vide, un peu de bave coulant de sa bouche à travers sa barbe en broussaille. Il était torse nu et on avait enlevé les lacets de ces bottes. Une caméra avait été posée en hâte dans la pièce pour garder un œil permanent sur le prisonnier. Depuis son bureau, le colonel regardait l’écran et soupira en voyant l’état du capitaine. Cette fois-ci il ne pouvait rien faire pour arrondir les angles. Il avait un rapport de l’Adeptus Mechanicus devant lui et les faits étaient accablants.

Cette fois-ci Atride avait non-seulement commis un crime de Tech-Hérésie mais il avait aussi tué deux technoprètres. Applewood n’était pas du genre à céder aux pressions des prêtres de Mars mais la situation était beaucoup trop grave pour être ignorée une fois de plus. Atride était connu depuis longtemps par le Munitorum et l’Adeptus Mechanicus pour avoir la fâcheuse tendance d’apporter des modifications totalement illégal à son matériel et celui de ses hommes.

Le colonel relu encore une fois le dossier du capitaine et soupira devant le gâchis qui se préparait. Son régiment ne pouvait pas se passer d’Atride, il était le représentant du bataillon RSL et le plus haut gradé des survivants du 8ème de Necromunda. C’était un véritable leader, aimé de ses hommes, icône vivante de l’esprit de Necromunda ainsi qu’un fervent partisan de la fusion qui avait donné naissance au 133ème NLGB. Malheureusement, l’Adeptus Mechanicus était tout aussi indispensable au régiment pour toute la gestion de l’entretien et des réparations des blindés du régiment. Applewood ne pouvait pas prendre de partie. C’est pourquoi il avait fait le pari de nommer Grass à la défense d’Atride. Il comptait sur l’esprit vif du jeune commissaire pour obtenir un miracle.

Applewood reporta son attention sur Atride. L’officier, même sous tranquillisant, donnait une impression de force et de violence. Ses longs cheveux noirs, encore une entorse au règlement, le retombaient devant le visage. Le Colonel avait l’impression d’avoir mis un lion à la crinière noire en cage. Applewood ausculta les différents tatouages et cicatrices présents sur le corps de l’homme. Les cicatrices racontaient l’histoire d’une vie de violence et de combats tandis qu’on lui avait expliqué que les tatouages étaient des souvenirs des années d’Atride en tant que chef de gang sur Necromunda.

Le capitaine était un Van Saar, un des gangs majeurs de la cité ruche principale. En tant que tel, en plus d’être un guerrier aguerris, il avait de grandes connaissances techniques parfois supérieures à celles de certains technoprètres, comme une bonne partie du 8ème Necromunda qui historiquement était composé majoritairement de ganger issu de la famille Van Saar. Bien entendu cela déplaisait à l’Adeptus Mechanicus et à travers toute son histoire le 8ème avait eu des troubles avec le clergé martien.

L’intercom de son bureau sonna, Applewood actionna la rune de réception et écouta :

- Colonel, le commissaire Grass vient d’arriver au quartier général. Il demande à rencontrer le prisonnier pour préparer le procès.

- Merci Sergent, il peut aller rencontrer l’accusé. Dites lui que Mars fait pression et que l’audience commencera dans trente minutes.

- A vos ordres colonel !

Applewood soupira longuement avant d’allumer un cigalho. Il tira quelques bouffées avant d’être pris d’une violente quinte de toux qui le laissèrent hors d’haleine. Il n’écrasa pas pour autant le petit cylindre de mort et reprit l’étude du dossier.

Grass pénétra dans la petite pièce où était retenu le capitaine en compagnie d’un officier médical et de Prunacs son ordonnance. Le docteur injecta un léger stimulant au capitaine, vérifia son pouls et sa tension puis quitta la pièce. Prunacs posa la chaise qu’il avait prise avec lui devant le capitaine puis alla se mettre debout dans un coin de la pièce. Grass alla s’assoir devant le capitaine en ouvrant le dossier de l’affaire. Atride reprenait petit à petit ses esprits.

- Bien capitaine, commença Grass, on dirait que vous avez encore des ennuis.

- Humpf, grommela Atride dans sa barbe.

- Vous dites capitaine ?

- Faites votre boulot et qu’on en finisse, je le mérite ce putain de bolt dans ma nuque.

- Vous faites fausse route capitaine, vous allez passer en court martial et je suis là pour vous défendre pas pour exécuter.

- En court martial ? Bande de crétins, vous allez faire perdre du temps à tout le monde.

- Je pense que le colonel a un autre avis sur la situation.

- Le vieux ? En quoi ça le concerne, c’est moi qui ai descendu les deux têtes d’engrenages.

- Justement, je pense que tous le monde serait enchanté de savoir pourquoi vous avez abattus deux serviteurs de l’Imperium sur leur lieu de travail après avoir été surpris les mains dans les circuits consacrés d’un générateur de champ de force modèle Cérès Mark IV, si ce que je lis dans le rapport est exact.

- Ouais, c’est vrai. Je les ai tués, point final. Je suis coupable.

- Capitaine, cette attitude ne va nous servir à rien. Je suis là pour vous aider et j’ai besoin de votre confiance. On va reprendre depuis le début.

Grass marqua une pause et se tourna vers Prunacs. Il lui fit signe de quitter la pièce. Prunacs hésita un instant avant d’obéir. Il vit le commissaire se lever et débrancher la caméra. Prunacs sortit de la pièce passa entre les deux gardes chiourmes et ferma la porte derrière lui avant d’aller attendre que le commissaire fasse à nouveau appelle à lui.

Prunacs regarda sa montre et nota qu’il ne restait plus beaucoup de temps avant le début du procès. Il n’avait jamais eut l’occasion de voir le commandant de son bataillon d’aussi près et il avait été impressionné par celui-ci. Prunacs commençait à bien connaître les natifs de Necromunda qui formaient la colonne vertébrale de son bataillon. Il les avait au début considéré comme des brutes venant des zones à peine civilisé des ruches de l’Imperium, comme on pouvait en voir tant dans les fictions qui été diffusées sur Bittorea.

Finalement, les Van Saar étaient des hommes et des femmes tout à fait fréquentables, avec leur culture et leur code d’honneur. Les natifs de Necromunda avaient accueillis les nouvelles recrues de Bittorea avec beaucoup de diplomatie et de patience et après quelques temps les deux cultures finirent par se mélanger et s’harmoniser. Prunacs savait que ceci était dû à la volonté du Capitaine Atride et du Colonel Applewood.

Atride se comportait avec son bataillon comme un chef de gang et pas comme un officier de la garde impériale. C’était une figure paternelle, dure mais juste et qui n’hésitait jamais à accomplir les mêmes taches que ses hommes.

Prunacs avait beau se dire que le Capitaine avait commis une hérésie, il souhaitait que le Commissaire Grass trouve un moyen de le sauver.

Après une dizaine de minute la porte s’ouvrit sur le Commissaire qui semblait toujours aussi inquiet.

- Prunacs veuillez donner au capitaine un nécessaire de toilette qu’il puisse ressembler un peu plus à un être humain et moins à un ours. Quand à vous Capitaine, on se revoit au procès.

Grass sortit de la pièce après que Prunacs y fut entré. Ce dernier déposa le nécessaire de toilette et sortit de la pièce après avoir reprit la chaise. Avant de sortir de la pièce, il nota que la caméra était à nouveau en marche.

Atride regarda la porte se fermer et son visage esquissa un sourire. Il ouvrit sa main gauche et regarda la lame de scalpel qu’il y avait caché durant tout l’entretien. Son plan d’origine était de trancher la gorge du commissaire, de prendre le soldat en otage et d’essayer de s’enfuir. C’est pour cela qu’il avait toujours une lame de scalpel caché dans les replis de tissus cicatriciels d’une fausse cicatrice faite à base de synth-peau. Mais le discours de Grass l’avait convaincu, il allait faire confiance au jeune commissaire. Il pourrait toujours essayer de s’enfuir plus tard.

mercredi 24 mars 2010

L'affaire Karl Atride - Part I

Le conscrit de seconde classe Prunacs courrait le long des lignes de fortification vers le petit bunker légèrement à l’extérieur du camp. Il passa à côté des hommes de la première compagnie du premier bataillon d’infanterie du 133ème régiment de Bittorea.

Les hommes de la compagnie, connus sous le petit surnom de « Red Devil », étaient facilement identifiables au bandana rouge qu’ils portaient tous. La majorité de la compagnie était constituée de féroces vétérans du 55ème Catachan complété par des jeunes conscrits récemment recrutés parmi les réfugiés de Bittorea.

Mathias Prunacs était aussi l’un de ces réfugiés. Il avait atteint l’âge de conscription il y a deux mois et c’est fraichement sorti de ses classes qu’il allait affronter pour la première fois les ennemis de l’Imperium de l’humanité. Par chance, il avait été affecté au bataillon de reconnaissance, de support et de logistique du régiment. Ce qui devrait normalement lui éviter le gros des combats. Il eut une pensée pour ses deux amis de conscription qui avait été envoyé pour l’un dans une compagnie de première ligne du premier bataillon et pour l’autre dans une des compagnie motorisée du bataillon de cavalerie blindé, deux affectations particulièrement dangereuses.

Pendant un moment, il fut un peu jaloux du treillis traité à la caméléonine et les bandanas de ses anciens camarades. Mais quand il apprit que seulement 30% des conscrits survivaient à leur première bataille dans ces compagnies, il fut bien content de finalement avoir été affecté comme estafette à l’état major du bataillon RSL. Il portait un simple treillis noir et avait comme arme un pistolet laser ; pas de quoi gagner une guerre mais suffisamment pour assurer un minimum sa défense.

Il arriva finalement devant le bunker, il prit un instant pour reprendre son souffle et lisser son uniforme avant de faire sonner le Vox situé sur le coté de la porte blindé. Une voix endormi lui répondit :

- Qu’y a-t-il soldat ?

- Je viens porter un message du Capitaine Shan pour le Commissaire Grass. C’est de première priorité. C’est au sujet du Capitaine Atride.

- D’accord, rentrez à l’intérieur soldat.

Les lourds mécanismes d’ouverture se mirent en branle et dans un grincement l’imposante porte du bunker s’ouvrit sur la pièce unique et faiblement éclairée par des lumiglobes. A l’intérieur du bunker était installé les quartiers du commissariat du régiment. Les quatre hommes en gabardine noir étaient responsables de la discipline et du respect de la volonté de l’Empereur des 3500 hommes composant le régiment. Une odeur de caff et de tabac flottait dans la pièce et des cartes tactiques ainsi que des plaques de données étaient éparpillées sur la table en métal au centre de la pièce.

A cette heure de la journée, seul le commissaire Grass était présent. Drake et Meldan étaient en train de faire le tour des troupes de première ligne, tandis que Scipio était à l’état major du régiment avec le Colonel. Grass était en train d’ajuster son képi quand le conscrit entra dans la pièce. Mathias se mit au garde à vous et salua l’officier politique. Grass lui rendit son salut et alla s’assoir à la table.

- Repos soldat Prunacs, donnez moi donc ce message.

- Bien commissaire, répondit le soldat nerveux en tendant la plaque de donnée.

Grass commença à lire le message d’un air pensif. Mathias observa le commissaire tout en attendant un ordre potentiel. Grass n’était pas très vieux et il était affecté lui aussi au bataillon RSL. C’est un homme grand et sec au visage amical avec de courts cheveux blonds et des yeux verts toujours en mouvement.

Mathias avait entendu l’histoire du commissaire pendant ses classes. Lors de la bataille finale sur Bittorea, celle qui changea leur destin à tous, il fut gravement blessé par une attaque psychique d’un suppôt du grand Ennemi. Son corps répara les blessures physique mais le choc psychique avait paraît il affecté son cerveau. Certains disaient même que le commissaire avait été touché par le Warp. Toujours est il que depuis le commissaire n’était plus capable de se servir d’une arme à longue portée et que ses yeux verts semblaient toujours chercher des choses tapis dans les ombres. Mathias sortit de ses pensées et remarqua que le regard de jade du commissaire était posé sur lui. Pendant un instant Mathias se sentit très mal à l’aise puis le regard le quitta et retourna sur la plaque de donnée.

Grass n’aimait pas du tout ce qu’il était en train de lire. Le capitaine Atride avait visiblement fini par passer les limites qui lui avaient été déjà moult fois rappelées. Maintenant il était assigné à comparaitre devant une court martiale et il risquait de se faire exécuter. En tant que commissaire du bataillon d’Atride, Grass avait été désigné volontaire pour assurer la défense du capitaine. Grass prit quelques minutes pour lire le dossier au complet. Il n’avait pas beaucoup plus de temps à accorder à l’étude le procès commençait dans un peu moins d’une heure. Grass finit par se lever, il enfila sa gabardine et noua l’écharpe rouge de sa fonction autour de sa taille. Il glissa ensuite sa hache énergétique dans le rangement situé dans son dos et pris le lance flamme qui lui servait désormais d’arme de tir depuis qu’il était incapable d’aligner une cible à plus de dix mètre.

Il observa un instant le conscrit. Il se faisait un devoir de connaître le nom de tous les hommes servant dans le bataillon dont il avait la responsabilité et si possible de connaître un ou deux détails sur qui ils étaient. Il se repassa rapidement en mémoire ce qu’il savait sur Prunacs : 18 ans tout juste, orphelin de guerre depuis Bittorea, aptitude et dossier commun, dossier médical indiquant une légère tendance au stress et à l’inquiétude. Grass regarda sa montre et décida qu’il pouvait prendre quelques minutes pour s’assurer du moral de Prunacs. Avec un léger sourire Grass essaya donc de faire se détendre un peu le jeune soldat :

- Merci Prunacs. Servez vous donc une tasse de caff, il fait froid dehors et les jours qui viennent ne vont pas être de tout repos.

- Merci Commissaire, répondit le jeune homme en allant se servir une tasse de liquide chaud.

- Dites moi Prunacs, vous avez déjà rencontré le Colonel ?

- Pas en personne Commissaire. Je l’ai vu pendant des revues et des briefings.

- Vous aimeriez le rencontrer ?

- Oh oui Commissaire, le Général… je veux dire le Colonel est un modèle pour nous.

- Vous avez raison, c’est grâce à lui que nous sommes en vie. C’est un homme de Bittorea tout comme vous Soldat, et c’est grâce à l’esprit Bittorean que nous sommes unis. Ne l’oubliez pas Soldat, vous êtes le ciment qui va lier les briques extraient des ruines d’anciens régiments. Et c’est avec tous ses matériaux que nous allons construire le régiment Impérial le plus efficace du secteur et pour ça on a besoin de vous.

Grass apprécia la bouffée d’orgueil et de confiance que son petit discours venait de donner au jeune homme.

- Prunacs, je vais avoir besoin d’une ordonnance pour le procès. Cela vous intéresse ? Ce n’est pas très intéressant mais nécessaire et avec un peu de chance le Colonel sera là.

- Ce serait un honneur Commissaire.

- Bien allons y alors, le colonel Applewood n’aime pas les gens en retard.

jeudi 4 février 2010

Sigmar Brokelink

Voici un petit texte d'ambiance/background sur un personnage non joueur clé de mon univers de cyberpunk 2020. Pour la petite histoire, le personnage est né en 1996, il a pour origine un personnage joueur que j'étais sensé jouer mais dont la carrière a été avorté. Donc au final je l'ai transformé en PNJ sans jamais avoir joué avec et en modifiant grandement le personnage et le background.

Pourquoi est ce qu'il ressort maintenant ? Parce qu'un ami m'a demandé le background de ce personnage pour pouvoir le reprendre dans sa propre campagne.

- Patron ? Vous connaissez Sigmar Brokelink ?

- J’en ai entendu parler. Pourquoi tu demandes ?

- Je viens de débarquer en ville et visiblement chaque fois que quelqu’un en parle tout le monde se met à faire la gueule. C’est qui ?

- C’est une légende urbaine, un mythe, un Keyser Söze des années 2020, un truc qui fait peur aux punks dans la rue.

- Ah quand même… Mais…

- Tais toi une seconde j’ai besoin de calme pour percer ce coffre. Va plutôt me chercher une multi-clé cryptographique à encodage 128bits !

- D’ac Patron… Voilà patron…

- Merci la bleusaille…

- Vous vous en sortez ?

- Ta gueule !

-

- Putain, il va s’ouvrir ce con de coffre ! Branche la console et demande à PuppetM@ST3R de me griller les firewall et les démons qui protègent la serrure magnétique !

- Tout de suite… Il est connecté, il dit qu’il en a pour au moins dix minutes.

- Bien, file moi une clope et attendons.

- Patron, ce Sigmar, il existe pour de vrai ?

- Putain quand tu as une idée en tête tu l’as pas ailleurs… J’en sais rien gamine s’il existe ou pas. Ce ne serait pas une légende sinon. Il y a plein d’histoires qui tournent autour de lui. Tout ce que je sais c’est que plus on parle de lui plus on a de problème.

- Quel genre d’histoire patron ?

- Ça devrait être interdit des yeux comme les tiens, on peut rien leur refuser. Bon, les histoires qui tournent le plus autour de Sigmar parlent de lui comme d’une sorte de gérant de la pègre de Night City et des environs. Il sait tout, il a la main sur tout et au final il contrôle tout et le plus fort ce que personne ne le sait.

- Mais c’est pas possible !

- Possible ou pas, ce n’est pas vraiment la question, je te raconte juste les histoires. Là où ça devient rigolo, c’est que selon certaines histoires le Sigmar en question il ne ferait pas ça pour l’appât du gain ou quoique ce soit dans ce genre. Il reste dans l’ombre et tous ses bénéfices superflus il les donne à ceux qui en ont besoin : Associations caritatives, Hopitaux publics, Fond de retraite…

- Une sorte de Robin des Bois en fait ?

- Si on veut… sauf que pour se faire du fric, il ferait dans la vente d’armes, de drogues, de filles et de cybermatos illégaux. Mais bon moi je ne crois pas à cette dernière partie de l’histoire… franchement se faire un fric fou et tout rebalancer dans la nature c’est débile.

- Ouais t’as raison… Mais tu crois au reste alors ?

- Non… enfin… il y a des coïncidences étranges. Parfois dans un deal, il y a son nom qui ressort tu sais pas trop d’où et là tu peux être sur que ça va mal tourner. Du coup maintenant les gens sont frileux. Pareil d’après certaines histoires le trip de Sigmar se serait que tout le monde lui achète des trucs pour finalement se foutre sur la gueule entre eux et que tout le monde ressorte plus faible et lui plus fort. Par contre un truc est sur, si Sigmar existe il a une dent contre les corpo et il hésite jamais à leur en mettre plein les dents.

- Mais il fait comment pour rester une légende si il fait tout ça ?

- Il n’agit jamais directement, toujours des intermédiaires. Il se contente de chercher et de trouver les personnes qui sont prêtes à faire le boulot. Il les engage ou les met sur le chemin de ce qu’il veut qu’ils fassent. Bref pour faire simple tu ne sais jamais que tu bosses pour lui.

- Donc personne ne le connaît et chaque fois qu’un truc ne se passe pas comme on le voulait on le met sur son dos ?

- Ouais, ça résume bien.

- Donc soit c’est un fantôme soit c’est un mythe bien pratique pour certains.

- C’est ce que je te dis depuis le début. Ma théorie à moi, c’est qu’une organisation quelconque, un gang, une mafia, voire une corpo se sert de la réputation d’un homme mort il y a des années pour essayer de contrôler le crime dans cette foutu ville. Sigmar existe mais ce n’est pas un homme c’est une icône, c’est l’esprit du crime de la ville, l’esprit anti-corpo, c’est le nom que tu utilises pour personnifier le bordel ambiant de cette putain de ville de merde.

- Attendez Patron ! La réputation d’un homme mort ? C'est-à-dire ?

- En 2013, juste après la seconde grande guerre des Corpo, il y a un mercenaire du nom de Sigmar Brokelink qui a bossé en ville. La plupart des gens l’ont oublié parce que la plupart des Solo en activité à cette époque sont morts depuis mais moi je m’en souviens, je l’ai connu avant qu’il meurt.

- Et c’est quoi cette réputation ?

- Ben comme pas mal de vétéran de la guerre, il en avait un peu gros contre les corpo et à l’époque pas mal de monde engageait des hommes de mains pour faire du sale boulot. Sigmar aurait été embauché par Arasaka pour s’attaquer à une petite corpo adverse, je m’en souviens je bossais pour cette petite corpo. Bref, ce fut saignant et ils ont gagné. J’ai survécu mais j’ai perdu un poumon et mon foie d’origine dans la bagarre. La troupe de Sigmar est ensuite aller chercher sa récompense et là ils ont été piégés et Arasaka les a tous assassiné. Voilà pour les fait, à partir de là la légende commence. Certains disent que Sigmar aurait survécu et que fou de rage il aurait décidé de se venger. Il aurait pris d’assaut la tour d’Arasaka à lui tout seul et il l’aurait complètement vidé avant de prendre un max de fric, d’informations et de matos avant de disparaître comme par magie.

- Wow, mais si il avait fait ça il y aurait eu des preuves ?

- C’est la que la magie de l’imagination humaine entre en jeu. Parce que bizarrement juste après ça, un petit tremblement de terre a touché Night city et la tour Arasaka s’est effondrée. Les Pro-Sigmar pensent que c’est lui qui l’a faite sauter, les autres pensent que c’est un moyen bien pratique de faire naître le mythe. Dans les faits, on a plus entendu son nom pendant les 7 ans qui ont suivit et depuis son nom revient de temps en temps parfois en bien parfois en mal mais ça ne laisse plus personne indifférent.

- Et tu l’as connu le vrai Sigmar ?

- Un peu, vite fait mais il m’a marqué. Il est né dans une petite ville près de la frontière du Mexique en 1984. Un grand gars au yeux bleus et cheveux noirs, plutôt balaise et beau gosse. Ce qui m’a le plus marqué c’est son intelligence, il en savait long et sur plein de chose. Mais comme beaucoup de gosses de l’époque il s’est retrouvé sur les champs de batailles et comme beaucoup d’entre nous il y a perdu son âme… Bon gamine on a un boulot à finir.

- Oui Patron, merci Patron.

- Cette dernière phase est toujours la plus sensible, regarde bien, c’est à ça qu’on reconnaît les vrais perceurs de coffre… Voilà la bête est ouverte ! Maintenant on récupère ce qu’il y a la dedans et on se casse vite fait. Remplit le sac je range le matos !

- Oui Patron… heu Patron ?

- Quoi ?

- Il y a pas de fric dans le coffre, juste un dossier avec SBR écrit dessus.

- Quoi ?! C’est quoi ce bordel laisse moi voir… Putain… Qu’est ce que c’est que ça … Bon on va laisser tout ça ici et on se casse vite fait.

- Pourquoi Patron ? Si on fait ça on va pas être payé ?

- Je sais et je m’en fiche, SBR c’est les initiales de Sigmar, et je veux pas toucher à cette merde.

- Mais c’est pas qu’une légende Patron ?

- Ecoute gamine, tu fais ce tu veux mais moi je touche pas à ça ni de près ni de loin et je vais même aller prendre des vacances hors de la ville. Je préviens PuppetM@ST3R qu’on se barre. A partir de maintenant c’est chacun pour soi. Si tu veux qu’on rebosse ensemble on se recontacte dans un mois comme d’hab.

- D’accord Patron.

La jeune femme regarda son chef partir la queue entre les jambes après avoir récupéré son matériel. Elle enfourna le dossier marqué SBR dans son sac à dos avant de partir. Une fois à l’extérieur, elle appela un taxi et rentra chez elle, un petit condo loué une fortune dans un quartier sécurisé pas trop loin de la plazza corporatiste.

L’appartement était un vaste chantier de document, de photos, de disques et sticks de données. Elle s’installa à son bureau et ouvrit le nouveau dossier qu’elle venait de récupérer. Tout en le lisant une tasse de Décaff à la main, un sourire illumina son visage. Ce dossier était l’élément manquant à sa théorie. Maintenant son dossier était béton. Le résultat de presque un an de travail, de recherche, d’enquête et d’infiltration. Satisfaite, elle alla rapidement prende une douche pour se débarrasser de l’odeur d’huile et de graisse à laquelle elle était abonné depuis qu’elle se faisait passer pour une apprenti perceuse de coffre auprès d’un vieux de la vieille du métier. Elle avait eut besoin de temps pour avoir sa confiance et réussir à le mettre sur ce plan et obtenir le dossier qui lui manquait. En bonus elle avait même appris des informations complémentaires sur Sigmar Brokelink. Elle sortit de la douche et pris une dose de Cooldown pour se détendre avant de se coiffer et maquiller correctement pour la première fois depuis presque deux mois. Elle finit par s’habiller avec un tailleur au top de la mode et mettre quelque holo-bijoux avant d’accrocher avec fierté sa carte de presse de la corporation DanCorp Entertainment au revers de sa veste. Night City allait bientôt connaître la vérité sur une de ses légendes urbaines. La journaliste s’installa devant son ordinateur et se repassa l’enregistrement qui synthétisait son enquête pour y apporter sa conclusion :

« Depuis maintenant plusieurs années, un cancer ronge notre belle cité de la nuit. Ce cancer prend petit à petit le contrôle de toutes les activités de la ville à l’insu de tous. Même les corporations sont impuissantes face à cet homme : Sigmar Brokelink… »

Elle écouta distraitement la suite de son texte pensant déjà à ce qui allait suivre. Elle savait que Sigmar existait et que son pouvoir était bel et bien réel. Celui-ci allait certainement chercher à la punir une fois qu’elle aurait dévoilé tout ce qu’elle a découvert mais elle aurait alors la protection des corporations. Sigmar le mystérieux n’était qu’un homme comme les autres juste plus malin avec le courage de faire certains choix. Sigmar contrôle à la fois tout et rien, son pouvoir tenait principalement dans le fait qu’il était quasiment au courant de tout ce qui se passait dans la ville. A partir de là il lui était assez simple d’agir pour que les choses prennent la tournure qui l’intéresse à l’aide de son réseau. Le seul point positif de sa présence en ville était qu’effectivement il injectait ses bénéfices dans des associations caritatives et autres groupes améliorant le quotidien de la ville. Mais c’était un fait négligeable comparé au fait qu’on pouvait le considérer responsable de plus de 40% des actes criminels de la ville.

La journaliste relut une dernière fois ses conclusions. En ce moment Sigmar semblait être en guerre contre Militech et EBM tout en s’intéressant de près à toute une nouvelle branche de biocybernétique complètement illégale. Satisfaite, elle dicta sa conclusion récupéra son ordinateur et se prépara pour aller voir son employeur. Son téléphone implanté se mit à sonner, elle décrocha tout en ouvrant la porte de son appartement, une voix d’adolescent prit la parole sans perdre un instant :

- Hey Miss, j’ai les infos que tu m’as demandées. C’était coton ! Il m’a fallut désentortiller les relations entre plein de corpo, sous corpo, filiale, fusion et trust en tout genre. Mais j’ai réussi ! Bon je te fais le topo, ton bonhomme, Sigmar, a un empire encore plus vaste que ce que tu croyais. Non seulement il a des billes dans un paquet de petites corpo à travers le monde mais il a aussi carrément la main sur deux d’entre elles. En ce moment, vu les activités des corpo en question j’aurais tendance à dire qu’il est en train de monter un réseau similaire à celui de Night City dans les villes de Berlin, Dakar, Pyong Yang et New Sidney. Et tu veux que je te dise le plus marrant ? Accroche toi bien à ta petite culotte, ta boite de presse DanCorp Entertainment, c’est une des corporation qui appartient à Sigmar. En fait tu bosses pour lui, c’est un truc de dingue non ? Tu montes un dossier contre ton patron ? C’est fou ?... Ça te la coupe hein ? … hey Miss ? Tu es là ? … C’était quoi ce bruit ?...

L’imposant homme en trench-coat noir enjamba le cadavre frais de la journaliste sur le visage de laquelle on pouvait encore lire une expression de stupeur alors que son cerveau se répandait sur le revêtement en plastique de son appartement. L’homme souleva la tête de la jeune femme et se connecta à son neuromat avant d’y insérer un puissant logiciel de suppression de données. L’adolescent au téléphone n’eut pas le temps de couper sa communication, en quelques secondes le logiciel effaça toutes les informations que contenait son cerveau. L’homme fit le tour de l’appartement et récupéra tous les dossiers et toutes les données. Une fois qu’il eut fini son ménage, il passa un coup de fil sur une ligne sécurisée :

- Elle a fait du bon travail, elle a réussi par recoupement à découvrir presque 50% de notre organisation. Il est temps de faire un peu de ménage. Je vais vous envoyer sous peu une liste des personnes à faire taire pour faire disparaître certaines informations ainsi que les sites d’informations à détruire. Vous pouvez dire à PuppetM@ST3R de se lancer dans le nettoyage de la toile. Je retourne à Dakar.

Une voix grave et sans émotion lui répondit :

- Merci Glass, l’opération est un succès.

Glass raccrocha et regarda le corps de la femme et nota avec une certaine ironie que l’information la plus vitale et la plus secrète concernant l’organisation Brokelink aussi connu sous le nom de Kraken est la suivante :

« Les ennemis de l’organisation sont les meilleurs outils pour obtenir le succès de l’organisation. Un ennemi sera toujours extrêmement zélé et efficace dans l’action à partir du moment où il croit agir contre l’organisation.»

Cette pauvre femme s’était lancée dans une croisade contre un empire du crime. En vérité elle avait était engagé par ce même empire pour mener un audit sur les diverses informations dispersées à son sujet. Elle avait très bien travaillé et personne ne le saura jamais.


En bonus une photo de comment j'imagine Sigmar (c'est le résultat du morphing de deux acteurs à vous de trouver lesquels ..)

lundi 1 février 2010

Bacon Frit !!!! - Trygon Tyranide

Bacon Frit !!!!

J'entends encore mon père hurler cette réplique durant nos partie de Starship Troopers. Dans ce wargame, les arachnides ont des créatures fouisseuses qui creusent des galeries et percent à la surface pour permettre aux arachnides d'attaquer par surprise les marines.
Le seul signe permettant aux marines de réagir est un grésillement proche du bruit du bacon en train de frire dans une poêle.
Ce son et cette phrase sont donc devenues pour moi synonyme de terreur souterraine émergent pour attaquer sans pitié.

Cette définition s'applique tout à fait à la dernière création de Games Workshop pour l'armée Tyranide : le Trygon.

C'est une immense créature ophidienne et fouisseuse qui entre en jeu en creusant une galerie qui peut être emprunter par d'autres unités de l'armée.
A l'occasion de la sortie du nouveau codex, Games Workshop a sorti un nouveau kit plastique permettant de monter un Trygon ou un Mawloch (le cousin aveugle mais à grande bouche du Trygon... c'est pas beau la consanguinité ...).

C'est une très belle pièce, très imposante et très efficace sur le champ de bataille à un prix de vente relativement raisonnable quand on connait Games.
Voici une photo pour vous montrer la bête avec d'autres figurines pour vous donner une idée de l'échelle.

Le reste des photos est disponible sur cette galerie facebook